• origines du rock n roll (quelques aspects)

    QUELQUES TRAITS SUR LES ORIGINES DU ROCK N ROLL

     

    Le voyage dans le temps, exercice auquel rééditions, compilations et autres anthologies savent conférer un humour austère, vaut par les imprudences qu’il occasionne, les intuitions qu’il met à l’épreuve et la qualité de l’indécision où il abandonne ceux qu’il a pris par la jambe. Rip Van Winkle le sut avant Wells aussi bien que Barjavel  ."Lorsqu’on cherche les racines du Rock N’ Roll", nous disent-ils, "on les trouve sans forcer le trait dès le début des enregistrements de blues, de jazz, de country music, au milieu des années 20." La discussion possible se borne en fait au "sans forcer le trait", car il y aurait mauvaise grâce à ne pas admettre que le rock dérive des genres qui l’on précédé sur disque. Mais on peut d’abord se demander si la sur-diffusion du rock n’aveugle pas sur sa place réelle dans l’histoire des musiques américaines d’origine populaire, place que le temps réduira peut-être à celle d’une excroissance anecdotique malgré son impact mondial. Car le rock est si bien contenu dans ce que l’on a pu jouer et chanter "avant" lui que son rôle propre semble avoir consisté à recouvrir ses sources autant qu’à supplanter d’autres formes de chanson. Tributaire de naissance à un degré rare, il invite évidemment à tous les voyages de reconnaissance vers les époques et les floraisons musicales qui l’ont préfiguré à un titre ou à un autre. Pour de nombreux publics médusés par l’état d’anarchie qui règne sur le marché du disque, le prétexte des "sources" du rock peut être l’occasion de cheminer entre des genres que les anthologies actuelles ont le tort de compartimenter contre toute réalité historique, ce qui n’est pas négligeable. Certaines inclusions sont sans doute un peu tirées par les cheveux et l’on peut voir des liens plus sûrs entre boogie-woogie, western swing et R’n’R qu’entre Django et ce dernier, même si le Manouche a influencé les guitaristes texans de la Hot Dance Hillbilly Music. Il n’est pas moins évident que, pour débiter des riffs swinguants et donc "rockants", Morton, Bechet, Ladnier et Armstrong improvisent par-delà l’horizon qu’aperçut jamais un instrumentaliste de rock. Mais si l’on a en tête les éléments bruts captés par les meilleurs rocker des années 50, le voyage réserve de bonnes petites rencontres à rebours comme le duo de guitares Let’s Go To Town de Memphis Minnie et Joe McCoy, la voix grondante d’un What’s My Baby Doin’ ? (Harlem Hamfats) ou les solos en cascade de White Heat (Bob Wills). Assez bonnes, en tout cas, pour que ce zigzag dan le temps produise le léger trouble qu’escomptent ses organisateurs. 

    le rock a ses origines dans les musiques des communautés rurales noires ou blanches et dans leurs avatars urbains. De Bill Monroe (Rocky Road Blues) à Peggy Lee (Everything’s Moving Too Fast. On y croise le très spectaculaire T-Bone Walker, le classique Guitar Boogie d’Arthur Smith, l’incontournable Choc Choo Boogie de Louis Jordan, des personnalités significatives telles que Merle Travis, les Delmore Brothers, Spade Cooley, Amos Milburn ou le bluesman Arthur Crudup dont le That’s All Right fera le succès de Presley. Les guitares s’électrifient, la steel guitar s’impose et l’accordéon joue brillamment des coudes pour une brève bouffée d’oxygène avant la disgrâce dans laquelle replongera l’avènement du rock.

     Ce n’est pas par la seule grâce de Rock Around The Clock qu’est né le Rock’N’Roll. Avant de déferler en 1954, le rock vivait déjà dans les musiques du Sud des Etats-Unis : boogie, country, r’n’b ou blues évoluaient peu à peu vers cette forme sautillante, ivre, énergique, qui, une fois la machine commerciale lancée, allait bouleverser l’univers des musiques populaires.

    . Dès 1947, donc, Lightnin’ Hopkins, Hank Williams, Peggy Lee, Sister Rosetta Tharpe, Roy Brown ou Tex Williams se laissent aller à des rythmiques survoltées, à des frénésies joyeuses qui peuvent s’entendre aujourd’hui comme autant de pierres jalonnant le chemin vers le rock .

    Car c’est au printemps de 1955 que tous les collégiens allaient siffloter le fameux "One-Two-Three O’Clock Rock" de Bill Haley, qui venait d’un orchestre country and western au sein duquel tous les musiciens étaient costumés en cow-boys. Mais ce rock, enfant illégitime des amours contre-nature entre la country music et le blues, qui est venu au monde en hurlant sa détresse d’orphelin – ses parents l’on tout de suite renié – avait déjà d’autres grands frères, les racines du rock se manifestent dès… 1927. Et alors que maman Gladys Presley était enceinte du futur bébé Elvis, les Boswell Sisters, trois sœurs originaires de la bourgeoisie blanche de la Nouvelle-Orléans, chantaient un morceau déjà intitulé "Rock And Roll", enregistré à Los Angeles le 4 octobre 1934. Dans les années 40, on dansait sur des boogies qui utilisaient, dès cette époque, les deux mots "rock" et "roll" : ainsi le "We’re Gonna Rock, We’re Gonna Roll" du Texan blanc Wild Bill Moore date-t-il de 1947. Alors que, la même année, le Black Wynonie Harris (1915-1969) « shoutait » "Good Rockin’ Tonight" en même temps que son créateur Roy Brown, bien avant Presley. Suivront "I’m Gonna Rock" par Ralph Willis en 1949, "I Want To Rock" par La Vern Baker en 1950. 

    La musique qui donne envie de bouger existe depuis longtemps, depuis toujours peut-être, mais le phénomène prit de l’ampleur au début du 20 ème siècle. Le charleston, jitterburg et autres lambeth walk choquent les prudes et font danser la jeunesse. L’Amérique s’impose rapidement comme la grande pourvoyeuse. Les Européens se trémoussent aux sons du jazz, ils sont swing, zazous, etc. Les régimes totalitaires n’apprécient pas du tout, mais ne parvinrent pas à endiguer ce mouvement de plus en plus populaire qui finit par donner naissance au rock ‘n’ roll dont l’explosion date officiellement de 1954 mais dont les prémices sont audibles depuis déjà longtemps.. Blues, jazz, R&B, gospel, country sous toutes ses formes , variétés, boogie et dance – de l’époque !. La sexualité est souvent apparente, notamment chez Roy Milton ("Je veux une « Big Fat Mama » qui sache quoi faire…"), Julia Lee, grande spécialiste du texte leste, et Lightnin’ Hopkins qui, avec "Let Me Play With Your Poodle" (Laisse moi jouer avec ton caniche), utilise une métaphore canine là où on l’attendait féline. Il est évident qu’écouter ces artistes fantastiques à la radio ou sur les juke-boxes ne pouvait que susciter des vocations comme celles de Bill Haley, Elvis Presley, Little Richard, etc. 

     Afficher l'image d'origine

    Afficher l'image d'originejoe mc coy

    Afficher l'image d'originemorton

    Afficher l'image d'origine

    Afficher l'image d'origine

    Afficher l'image d'origine

    Afficher l'image d'origine

    Afficher l'image d'origine

    Afficher l'image d'origineAfficher l'image d'origine

    Afficher l'image d'origine

     

    « elvis dans le mondedocuments d epoque »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :