• THE COMPLETE JAMES DEAN COLLECTION, coffret DVD zone 1

    THE COMPLETE JAMES DEAN COLLECTION, coffret DVD zone 1

     

     

    https://www.amazon.com/Complete-James-Collection-Without-Special/dp/B0007TKNK6

     

     

    Le 30 septembre 2005 marquait le 50e anniversaire de la mort de James Dean, et pour l'occasion, la Warner lancait ce magnifique coffret commémoratif comprenant les trois films du si bref parcours de ce jeune acteur au talent brut disparu alors qu'il se dirigeait vers une brillante carrière.

     



     Né le 8 février 1931 à Fairmount, petite ville modeste de l'Indiana, James Byron Dean doit sa passion pour le théâtre à sa mère dévouée et affectueuse, qui l'initie à quelques pièces dès son plus jeune âge. Lorsque sa mère meurt alors qu'il a tout juste neuf ans, le jeune Jimmy est recueilli par son oncle et sa tante, un couple de fermiers de la région. À l'adolescence, il poursuivra ses études au collège local où il se distinguera dans plusieurs sports, comme le baseball et le basket-ball, tout en développant une passion pour l'astrologie et les voitures de course. Son amour du jeu l'emporte toutefois, lorsqu'après avoir remporté un concours d'art dramatique, il s'installe à New York au début des années 1950 où il suivra les enseignements du comédien James Whitmore. 

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    Dean obtient ses premiers rôles dans quelques dramatiques télévisées et fait office de figurant pour quelques films du grand écran, notamment dans FIXED BAYONETS (1951) de Samuel Fuller. Entre-temps, il débute sur les planches à Broadway de brillante façon, où il remporte le titre de meilleur espoir de l'année après sa prestation en 1953 dans THE IMMORALIST, pièce inspirée de l'oeuvre d'André Gide. Après un court passage à l' Actor's Studio où il est remarqué par Elia Kazan, Dean s'embarque pour Hollywood... et la postérité suivra.
     

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    EAST OF EDEN (À L'EST D'ÉDEN) (1955) d'Elia Kazan. 
     Nous sommes en 1917, à Salinas, Californie. Jeune homme désaxé et incompris, Cal Trask (James Dean) subit les affronts constants de son père Adam (Raymond Massey), contrairement à son frère Aron (Richard Davalos), plus affable et ayant droit à toutes les considérations du paternel. Malgré tous ses efforts, il reste ignoré par son père qui le sous-estime constamment. Frustré de ce manque d'amour et d'attention et envieux d'Aron, Cal multiplie les frasques pour exprimer sa colère, allant même jusqu'a s'éprendre d'Abra (Julie Harris), jeune fille promise à son frère. C'est alors qu'il apprend que sa mère, Kate (Jo Van Fleet), tenue pour morte à sa naissance, est en réalité bien vivante et détentrice d'une bien mauvaise réputation dans la ville voisine de Monterey, où elle tient les rênes d'une maison close à la singulière renommée. Dés lors, les rapports entre Cal et son père se dégraderont de manière systématique. 

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    Cinéaste issu du théâtre et de la littérature (il est aussi romancier), Elia Kazan fut un artiste engagé qui a fait sa marque dans le cinéma américain en abordant fréquemment des sujets chauds et controversés, souvent à caractères sociaux : la pauvreté urbaine (A TREE GROWS IN BROOKLYN, 1944), l'anti-sémitisme (GENTLEMAN'S AGREEMENT, 1947), la Guerre Froide (MAN ON A TIGHTROPE, 1953), la corruption sévissant dans les docks new-yorkais (ON THE WATERFRONT, 1954), la manipulation orchestrée par les médias (A FACE IN THE CROWD, 1957), les dures conditions de vie des immigrants (AMERICA, AMERICA,; 1963). Dans son palmarès figure aussi quelques brillantes adaptations, comme A STREETCAR NAMED DESIRE (1951), film qui révéla Marlon Brando et tiré de la pièce de Tennessee Williams, THE LAST TYCOON (1976), d'après le roman inachevé de F. Scott Fitzgerald, et THE ARRANGEMENT (1969), basé sur son propre roman. Malheureusement, Elia Kazan restera connu pour certains pour avoir été des quelques personnes ayant témoigné à la Commission des activités anti-américaines du sénateur Joseph McCarthy, enquêtant sur la présence du parti communiste américain dans certaines sphères hollywoodiennes. Ayant nommé des noms, Kazan incrimina quelques confrères qui virent leurs carrières respectives amorcer un certain déclin. Malgré ses fautes avouées, il restera à jamais marqué par ce geste, jetant l'ombre sur une brillante filmographie.
     

    Ami proche du romancier John Steinbeck (THE GRAPES OF WRATH), Kazan a longtemps désiré adapter une des oeuvres de ce dernier. Lorsque Steinbeck remporte le prix Nobel de littérature avec EAST OF EDEN, le cinéaste prend la décision d'en assumer l'adaptation cinématographique alors que le dernier chef-d'oeuvre du romancier se trouve encore sur la liste des best-sellers. Véritable roman-fleuve couvrant trois générations, Kazan, ayant vécu une expérience familiale similaire, est particulièrement intéressé par le dernier tiers, relatant les rapports conflictuels entre Adam Trask et son fils Cal. Jugeant que l'essentiel de la force du récit se trouve dans cette dernière partie, le cinéaste donne pour mandat au scénariste Paul Osborn (PORTRAIT OF JENNIE, WILD RIVER) d'adapter exclusivement cette partie du roman.
     

    C'est ainsi que EAST OF EDEN devient avant tout une métaphore sur le fossé séparant les générations et provoqué par la différence des perceptions. Kazan retransmet brillamment en images toute la richesse des nuances de chaque personnage. D'une teneur psychologique très fouillée, EAST OF EDEN est loin du récit manichéen. Il n'y point de blanc ni de noir, donc pas de véritables « bons ou méchants ». Il est rapidement démontré que les personnages « antipathiques » le sont tout d'abord par la force des choses et des circonstances : si Cal Trask adopte un comportement rebelle, c'est par sentiment de rejet. Même chose pour Kate, froide et calculatrice, elle l'est pourtant avant tout pour raison de survie dans un contexte fortement misogyne. Quant aux personnages « sympathiques », ils sont souvent recouverts d'un vernis dissimulant une facette cachée de leur personnalité : de caractère d'apparence paisible et juste, Adam Trask se retrouve vite pris au dépourvu en étant incapable de cerner la véritable personnalité et les motivations de son fils Cal, qui est incapable de s'épanouir dans le cadre strict, immuable et dépourvu d'analyse qui régit le code d'éthique paternel.. Quant à Aron, fils digne de son père, son caractère affable et doux dévoile peu à peu une certaine condescendance envers son frère jusqu'à exprimer une colère sourde et malicieuse lorsqu'il apprend que celui-ci s'éprend de sa petite amie Abra. D'ailleurs, grâce à une astuce narrative intéressante, l'on remarquera que parallèlement au cheminement du personnage de Cal, s'adoucissant au contact d'Abra, le personnage du frère, Aron, deviendra de plus en plus aigri, comme s'il y avait permutation systématique des traits de caractère de ces deux personnages respectifs. Même Abra, seul exemple de bonté et de candeur absolue dans cet univers tourmenté, avouera certaines fautes passées rachetées au prix d'une période de remise en question.
     

    Dans son premier véritable rôle au cinéma, James Dean crève l'écran avec une interprétation à la fois fougueuse et nuancée où celui-ci s'approprie toutes les variantes de son personnage avec une aisance et un naturel surprenants. Côtoyé par Raymond Massey (ARSENIC AND OLD LACE), il réussit même à s'imposer auprès de ce vétéran d'innombrables productions. Provenant de la vieille école, Massey exprime fréquemment son agacement, non pas seulement envers le caractère turbulent de son jeune partenaire, mais aussi face à sa méthode de travail plus progressiste, Dean improvisant souvent certaines de ses répliques face à un Massey désarçonné. Fin observateur, Kazan a vite réalisé que ces relations tendues étaient toutes indiquées pour l'interaction des deux personnages à l'écran. Faisant mine d'adhérer aux exigences de Massey, le cinéaste encourage Dean à aller de l'avant afin de pimenter certaines scènes. Le résultat donne lieu à certaines séquences d'anthologie, comme celle où Cal exprime toute sa détresse face à son père qui vient de refuser une somme d'argent (gagné grâce à des spéculations financières) offert comme cadeau d'anniversaire. Il faut voir comment Dean, en déséquilibrant un Massey (au demeurant excellent, faut-il le souligner) complètement dépassé par les événements, arrive à transformer une séquence traitée de façon anodine sur papier en véritable tour de force.
     

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    Julie Harris (THE HAUNTING) offre une prestation solide et sans faille pour un rôle requiérant sa physionomie d'où ressort une certaine fragilité. En fait, elle aurait été non moins que parfaite n'eut été qu'elle affichait déjà à l'époque la trentaine bien sonnée, ce qui est peu convenable pour jouer les jeunes ingénues. Richard Davalos (COOL HAND LUKE), jeune acteur peu connu, tire pourtant bien son épingle du jeu en faisant bonne contrepartie face à son illustre partenaire, et il est surprenant qu'il n'ait jamais obtenu d'autres rôles concluants par la suite. Pour ce qui est de Jo Van Fleet (GUNFIGHT AT THE O.K. CORRAL, COOL HAND LUKE), grande vedette de Broadway, elle offre ici une performance renversante dans ce qui fut son premier rôle au cinéma. L'Académie ne s'y est pas trompé, lui décernant l'Oscar du meilleur second rôle féminin pour sa participation à ce film. Il serait fort d'usage aussi de noter la brève mais réjouissante présence du truculent Burl Ives (CAT ON A HOT TIN ROOF, THE BIG COUNTRY), toujours aussi coloré dans le rôle du shérif débonnaire de Salinas.
     

    Elia Kazan mène le navire de main de maître et brosse un portrait foisonnant de l'Amérique à l'orée de la Première Guerre mondiale grâce à une mise en scène énergique et vigoureuse bien appuyée par l'amplitude de la superbe cinématographie du chef-opérateur Ted McCord (THE SOUND OF MUSIC), très à l'aise avec le Cinemascope. La reconstitution d'époque orchestrée par les chefs-décorateurs James Basevi (SPELLBOUND, MY DARLING CLEMENTINE) et Malcolm Bert (A STAR IS BORN, REBEL WITHOUT A CAUSE) est minutieuse et insuffle à l'ensemble un certain caractère historique tandis que la partition musicale de Leonard Rosenman (REBEL WITHOUT A CAUSE, BARRY LYNDON) s'impose déjà dans le paysage cinématographique avec son thème principal devenu un classique du genre.
     

    Le reste est connu : à sa sortie, EAST OF EDEN connaît un immense succès et révèle James Dean, qui devient du jour au lendemain la toute nouvelle sensation hollywoodienne. Quant à Elia Kazan, il signe ici un des plus beaux fleurons de sa filmographie.
     

    Paraissant pour la toute première fois en format DVD,
     EAST OF EDEN est offert en format panoramique 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé (16:9) respectant son format original de présentation en salle. Pour l'occasion, la Warner nous offre le grand jeu, avec un superbe transfert tout simplement impeccable, exempt de fourmillements, d'égratignures, de points blancs ou de tout autre artefact. La saturation des couleurs est magnifique tandis que le rendu des contraste est irréprochable grâce à une définition d'image quasi-optimale, ne serait-ce d'un léger flou dans les contours. Baissons notre chapeau encore une fois à la Warner, qui nous offre encore une fois un classique du cinéma avec le respect qui lui est dû. 

    Continuant dans la même veine, le film est offert dans sa
     version originale anglaise avec une toute nouvelle piste en format Dolby Digital. Un tout nouveau remixage nous présentant la bande son originale non pas revampée au goût du jour, mais plutôt en respectant le caractère original du mixage sonore, histoire de bien situer l'oeuvre à l'époque de sa production. Pas d'effets de remixage superflus ici, l'essentiel du paysage sonore étant surtout concentré sur le canal central et les canaux avant, avec quelques subtiles petites touches pour agrémenter les canaux arrière. L'isolation des différentes textures est excellente, procurant une belle ambiophonie. Le canal .1 (LFE) n'est sollicité que de façon sporadique mais ce n'est pas l'intérêt premier pour cette édition. Celle-ci offre aussi la version française (doublage produit en France) avec une piste en format Dolby Digital 2.0 Stéréo. De qualité nettement inférieure à la précédente, celle-ci offre toutefois un environnement sonore respectable et des dialogues toujours bien audibles. Des sous-titres français, anglais et espagnols sont aussi offerts en option. 

    Cette luxueuse édition comprenant deux disques offre son lot monumental de suppléments apportant un complément plus qu'intéressant à l'oeuvre proposée. Voici la brochette :
     

    DISQUE UN 

    Commentaire audio de Richard Schickel 
    Célèbre chroniqueur du magazine TIME et auteur de plusieurs ouvrages à caractère cinématographique, Richard Schickel nous offre une piste de commentaires passionnante, rempli d'informations d'analyses et d'anecdotes de toutes sortes se rapportant, de près ou de loin, au film présenté. Grâce à une habile mise en contexte, Schickel nous entretient, entre autres, à la fois de la genèse du projet, de la rédaction du script avec les principaux thèmes évoqués et du tournage proprement dit, ainsi que de la place qu'occupe ce monument dans le panthéon cinématographique.
     

    Theatrical Trailer 
    L'incontournable, pimpante et énergique bande-annonce originale du film présentée en salle.
     



    DISQUE DEUX 

    Forever James Dean 
    Documentaire produit en 1986 relatant la vie et la carrière de James Dean. Intéressant malgré un traitement rose bonbon très « eighties » avec en prime, une chanson-thème insipide à tendance très pop acidulé que le principal intéressé aurait sûrement eu en horreur.
     



    East Of Eden : Art In Search Of Life 
    Documentaire produit exclusivement pour cette édition survolant les principales étapes de la production de EAST OF EDEN et de son impact toujours aussi déterminant au fil des années, avec en prime des entrevues le réalisateur Elia Kazan (provenant d'une précédente entrevue effectuée quelques années avant son décès, en 2003) et la comédienne Julie Harris.
     

    Screen Tests 
    Quelques extraits de bouts d'essai effectués lors d'auditions avec les comédiens principaux, soit James Dean, Julie Harris et Richard Davalos.
     



    Wardrobe Tests 
    Collection de huit vignettes présentant des séances filmées d'essais de costumes avec quelques-uns des comédiens principaux.
     

    3 / 9 / 1955 Film Premiere 
    Extrait d'une quinzaine de minutes d'une émission spéciale diffusée à la télévision à l'occasion de l'avant-première de EAST OF EDEN, tenue a l'Astor Theater de Broadway.
     





    REBEL WITHOUT A CAUSE (LA FUREUR DE VIVRE) (1955) de Nicholas Ray 

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     Fraîchement débarqué dans le collège d'une banlieue cossue de Los Angeles, Jim Stark (James Dean) est un adolescent au caractère bouillant et imprévisible, au grand dam de ses parents, Frank (Jim Backus) et Carol (Ann Doran). Ceux-ci, voyant leur fils multiplier les frasques envers l'autorité, se voient incapables de comprendre les véritables motivations derrière son comportement. Solitaire et un brin misanthrope, Jim se fait aussitôt remarquer de ses nouveaux camarades par son tempérament solitaire et individualiste. Rapidement pris à partie par Buzz Gunderson (Corey Allen) et sa bande, Jim doit lutter constamment contre l'adversité pour se faire une place au soleil dans ce nouvel univers où il n'a comme seul ami que Platon (Sal Mineo), garçon timide faisant fréquemment l'objet des moqueries de ses pairs. La situation se complique d'autant plus lorsque Jim s'éprend de Judy (Natalie Wood), la jolie compagne de Buzz, qui éprouve des sentiments réciproques. Cependant, un événement tragique viendra bouleverser la vie de chacun d'eux. 

    REBEL WITHOUT A CAUSE n'a plus besoin de présentation auprès des cinéphiles. Pierre angulaire de la courte carrière de James Dean, ce film reste un des chefs-d'oeuvres incontestables de la carrière du cinéaste Nicholas Ray. Le thème de la délinquance juvénile n'était pourtant pas un sujet nouveau pour le cinéma à l'époque. Déjà, des oeuvres comme THE WILD ONE (Laslo Benedek, 1953) et THE BLACKBOARD JUNGLE (Richard Brooks, 1955) ont déjà traité de cet aspect de la société, tandis que l'on peut même remonter jusqu'à ANGELS WITH DIRTY FACES (Michael Curtiz, 1938), qui s'aventurait déjà en partie sur ce terrain. Toutefois, là où ses prédécesseurs affichaient une constance au niveau thématique, le contexte étant souvent cantonné exclusivement dans un milieu à la pauvreté prédominante, REBEL WITHOUT A CAUSE innove ici en situant l'action dans une banlieue de la classe moyenne, auprès de familles d'apparences respectables.
     

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    Le script de Stewart Stern (RACHEL, RACHEL) jette ainsi les bases sur un problème qui ne se veut non pas isolé, mais généralisé. La marginalisation de la jeunesse ne tient donc pas uniquement du contexte dans lequel elle évolue, mais elle est aussi directement proportionnelle à une certaine mutation sociale. La génération dépeinte dans REBEL WITHOUT A CAUSE est celle de l'après-guerre, de l'Amérique d'Eisenhower, où plusieurs bouleversements, non pas seulement d'ordre technologique, mais aussi au niveau des valeurs s'opéraient graduellement. Jim Stark, comme plusieurs jeunes de sa génération, se retrouve ainsi confronté à un système de valeurs désuet dans lequel il se retrouve incapable de s'épanouir pleinement. REBEL WITHOUT A CAUSE sera ainsi le premier film traitant de la délinquance juvénile comme la cause d'un conflit de générations.
     

    En se familiarisant avec le parcours cinématographique de Nicholas Ray, il est aisé de saisir rapidement les motivations de ce dernier à mettre en image le récit de Stern. Ayant lui-même connu une jeunesse mouvementée, et privilégiant des sujets mettant en valeur des personnages marginaux (THEY LIVE BY NIGHT, KNOCK ON ANY DOOR, BORN TO BE BAD), Ray se trouvait tout indiqué pour prendre en main le matériel. C'est d'ailleurs dans un constant esprit d'enthousiasme que se déroule le tournage du film. Dean trouve en Nick Ray un metteur en scène ouvert et compréhensif qui l'encourage à façonner comme il l'entend le personnage de Jim Stark. Par une interprétation à la fois sensible et vigoureuse, Dean compose un personnage fascinant et aux multiples facettes. Ceux qui visionneront ce film pour la première fois tout en connaissant sa réputation seront ici surpris ici d'être en présence d'un personnage qui se veut certainement rebelle, mais avant tout par la force des choses. Le rebelle dépeint ici se veut un être aspirant à une certaine vie paisible et s'efforçant à éviter tout conflit, mais qui se retrouve constamment dans des situations où il n'a d'autre choix que de prendre position, que ce soit par ses démêlés avec la bande de loubards du lycée ou bien pour protester contre l'incapacité de son père à assumer son autorité envers une mère au caractère possessif. Il en ressort des portraits étonnamment nuancés pour un film de cette époque, comme le personnage de Frank Stark, le père de Jim, brillamment interprété par Jim Backus (comédien surtout célèbre pour avoir personnifié la voix originale de M. Magoo, célèbre personnage de dessin animé) qui se révèle excellent ici dans le rôle de ce père affable mais faible et qui s'avère incapable d'exprimer suffisamment son support envers son fils par peur systématique des conflits.
     

    Ray et Stern ne s'arrêtent pas là, s'attardant aussi en profondeur à certains personnages secondaires. Nous pénétrons dans le milieu familial de Judy, elle aussi jeune incomprise troublée par le manque d'affection d'un père aux manières convenues. Ancienne enfant-star, Natalie Wood, dans son premier rôle « adulte », est ici touchante de candeur et rayonne de beauté en personnifiant un personnage préfigurant presque la Maria de WEST SIDE STORY, et qui se trouve à des lieux d'un simple élément décoratif prétexte à une romance commandée. Pour ce qui est de Platon, nous sommes ici certes en présence du personnage le plus énigmatique. Sal Mineo, dans son premier rôle à l'écran, compose un portrait troublant d'un jeune homme désaxé et orphelin dont l'extrême adulation de son ami, plus que la simple recherche d'une figure paternelle, dissimule possiblement une certaine homosexualité refoulée. Nul ne sait si l'ajout de cet élément était volontaire de la part de Ray et Stewart Stern, mais toujours est-il qu'il se fait bien sentir par moments. Peut-être que la véritable personnalité de Sal Mineo, qui, des années plus tard, a fini par avouer ouvertement son homosexualité, y est pour quelque chose. Soulignons au passage, pour terminer, les solides contributions d'Ann Doran (IT! THE TERROR FROM OUTER SPACE), excellente en mère-poule, et de Corey Allen (PARTY GIRL, SWEET BIRD OF YOUTH), très à l'aise en loubard à la coule avec une tronche qui en jette. Notez aussi la présence d'un jeune Dennis Hopper (EASY RIDER, BLUE VELVET) dans le rôle d'un des bras-droit du redoutable Buzz.
     

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    REBEL WITHOUT A CAUSE doit aussi beaucoup à la mise en scène flamboyante de Nick Ray. Ray construit une oeuvre vivifiante et percutante comportant son lot de séquences d'anthologie restées à jamais gravées dans les mémoires. Le réalisateur a su saisir le ton juste de ce portrait actuel et contemporain devant aussi beaucoup au savoir-faire du chef-opérateur Ernest Haller (GONE WITH THE WIND), qui s'est visiblement fait grand plaisir ici avec quelques scènes où ses caméras virevoltantes insufflent une énergie peu commune à l'ensemble. Qui ne se rappelle pas, par exemple, de la scène de la bataille au couteau à l'observatoire, ou bien encore de la course de bagnoles sur la route de la falaise, où la caméra de Haller, alliée au montage précis de William Ziegler (STRANGERS ON A TRAIN), capte de si brillante façon le moment du départ? Avec cette oeuvre qui résume à elle seule toute la teneur de son parcours artistique, Nicholas Ray est ici à son meilleur.
     

    Pour certains, le statut mythique de REBEL WITHOUT A CAUSE a été aussi renforcé par le destin tragique, à l'instar de James Dean, de plusieurs de ses artisans principaux. Sal Mineo débuta de brillante façon une carrière qui s'annonçait prometteuse. Outre ce film, il joua notamment aux côtés de Paul Newman dans SOMEBODY UP THERE LIKES ME (Robert Wise, 1956) et EXODUS (Otto Preminger, 1960). Les années 1960 voit sa carrière amorcer un déclin où la qualité des productions diminuent exponentiellement. Se consacrant au théatre, Mineo fait des apparitions sporadiques dans quelques séries télévisées (HARRY-O, COLUMBO) et quelques rôles alimentaires au grand écran, comme en témoigne sa présence en médecin primate dans ESCAPE FROM THE PLANET OF THE APES (Don Taylor, 1971). Sa carrière connaît par la suite un second souffle sur les planches à Broadway, où il apparaît dans quelques pièces à succès. Mais alors qu'il était à l'aube d'un retour au cinéma, Sal Mineo rencontre son triste destin le soir du 12 février 1976. Rentrant d'une répétition à son appartement de West Hollywood, il est poignardé à mort par un assaillant inconnu à la porte de son appartement. Sachant que ce dernier était reconnu pour fréquenter certains cercles particuliers de la communauté gaie de Los Angeles, l'enquête policière fut longtemps axée sur le mobile du crime passionnel. Il s'avéra finalement que Mineo ne fut que la victime malencontreuse d'un déséquilibré ayant frappé au hasard, seulement deux jours après avoir célébré son 37ème anniversaire.
     



    Sa participation à REBEL WITHOUT A CAUSE marquant un tournant, Natalie Wood entame un parcours fastueux ponctué de succès. Elle laisse une marque indélébile à Hollywood en tournant avec certains des plus grands : John Ford (THE SEARCHERS, 1956), Elia Kazan (SPLENDOR IN THE GRASS, 1961), Robert Wise (WEST SIDE STORY, 1961) et Sydney Pollack (THIS PROPERTY IS CONDEMNED, 1966) entre autres, où l'excellence de ses prestations n'aura d'égal que sa beauté ne se tarissant jamais avec les années. Mariée à au comédien Robert Wagner, elle délaisse quelque peu les plateaux dans les années 1970, ne faisant que quelques sporadiques apparitions au cinéma et à la télévision, afin de se dévouer à sa famille. Elle reprend du service de façon permanente à la fin des années 1970, où elle apparaît même aux côtés de Sean Connery dans le consternant et désopilant film-catastrophe METEOR (Ronald Neame, 1979). Venant tout juste de terminer le tournage du thriller de science-fiction BRAINSTORM (Douglas Trumbull, 1983), elle périt noyée à l'âge de 43 ans, le 29 novembre 1981, des suites d'un accident nébuleux lors d'une excursion sur le bateau de plaisance de son mari au large de l'île de Santa Catalina, en Californie. Resté momentanément sur les tablettes, BRAINSTORM ne sortira sur les écrans que deux ans plus tard.
     

    Quant à Nicholas Ray, il apparaît à son zénith avec REBEL WITHOUT A CAUSE, ayant déjà signé un de ses plus grands succès avec JOHNNY GUITAR (1954), sorte de western à saveur féminine, comme en témoigne le curieux duel que se livrent Joan Crawford et Mercedes McCambridge. Il ne retrouvera jamais de succès comparable par la suite, accumulant échecs par-dessus échecs malgré quelques réussites comme BIGGER THAN LIFE (1956), A BITTER VICTORY (1957) et surtout PARTY GIRL (1958), excellent film noir considéré aujourd'hui comme un film culte. Il se perd par la suite dans deux lourdes productions tournées pour le producteur mégalomane Samuel Bronston (EL CID, THE FALL OF THE AMERICAN EMPIRE), KING OF KINGS (1961), péplum biblique sur la vie du Christ, et 55 DAYS AT PEKING (1963), sur la révolte des Boxers contre la présence étrangère dans la Chine du début du vingtième siècle. Excédé, Ray se retire du cinéma pour se consacrer à l'enseignement. Il participe à l'élaboration de quelques petits films amateurs tournés par des universitaires et effectue quelques apparitions comme acteur, notamment dans L'AMI AMÉRICAIN (1977) de Wim Wenders et HAIR (1979) de Milos Forman. Sa dernière contribution sera finalement pour le bouleversant NICK'S MOVIE (1979) tourné conjointement avec Wim Wenders. Se voulant une chronique des derniers jours de Nicholas Ray, atteint d'un cancer incurable, le concept de cinéma-vérité prend ici tout son sens. Ray apparaît tel qu'il était à ce moment : fauché, la maladie se propageant comme la gangrène dans son corps et vivant dans un appartement modeste de New York. Il y meurt oublié de tous, écarté du milieu qui a fait sa gloire passée.
     

    James Dean et Nicholas Ray laissent néanmoins ce moment crucial de l'histoire du cinéma. Plus qu'un simple film sur la délinquance juvénile, REBEL WITHOUT A CAUSE, dont le succès et le mythe ne cesse de s'accroître d'année en année, se veut une vitrine intemporelle sur le mal de vivre d'une certaine jeunesse américaine, et immortalisera à jamais l'image du James Dean du « Boulevard des Rêves Brisés ».
     

    REBEL WITHOUT A CAUSE est présenté en format panoramique 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé (16:9) préservant ainsi son format original de présentation en salle. Ayant déjà fait l'objet d'une précédente édition, la Warner nous ressert maintenant ce classique avec un tout nouveau transfert ayant bénéficié d'une minutieuse restauration où la richesse de la palette de couleurs de la photographie d'Ernest Haller apparaît dans toute sa glorieuse beauté. Plusieurs artefacts ont été soigneusement prélevés, nous donnant ainsi l'occasion d'admirer les magnifiques panoramas de la région de Los Angeles filmés par Ray tels qu'ils apparaissaient à l'époque, sans grain, ni points blancs, égratignures ou fourmillements de toutes sortes. Pour tous ceux possédant déjà ce titre, la seule qualité de ce nouveau transfert justifie pleinement l'achat de cette nouvelle édition. 

    REBEL WITHOUT A CAUSE est maintenant disponible dans sa
     version originale anglaise avec une toute nouvelle piste sonore en format Dolby Digital 5.1. La piste offerte ici offre un environnement sonore vigoureux, où l'ambiophonie est d'excellente qualité, sans pour autant prendre le dessus sur les dialogues, toujours bien audibles. Certains remarqueront peut-être une certaine faiblesse dans les canaux arrière, mais n'oublions pas que cela est sûrement dû aux limitations imposées par le mixage original. Somme toute, voici un excellent remixage qui s'incorpore de belle façon à la qualité du transfert. Cette édition offre aussi la version française avec une piste en format Dolby Digital 1.0 Mono qui n'a visiblement pas fait les frais des mêmes attentions. Le paysage sonore, concentré exclusivement sur le canal central, souffre fréquemment de la présence d'un constant bruit de fond et un effet de distorsion est perceptible par endroits. Par contre, les dialogues sont tout de même bien compréhensibles, c'est déjà ça. Des sous-titres français, anglais et espagnols sont aussi offerts en option. 

    Cette nouvelle édition de REBEL WITHOUT A CAUSE incluant deux disques contient sa large part de suppléments dont voici la copieuse brochette :
     

    DISQUE UN 

    Commentaire audio de Douglas L. Rathgeb 
    Auteur du livre THE MAKING OF REBEL WITHOUT A CAUSE, Rathgeb nous offre une piste de commentaires fertiles en informations de toutes sortes, partant de simples anecdotes de tournage jusqu'à diverses analyses explorant divers aspects liés à l'élaboration de la production.
     
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    Theatrical Trailer 
    Bande-annonce originale du film diffusée en salle.
     

    DISQUE DEUX 

    James Dean Remembered 
    Émission spéciale télévisée datant de 1974 et produit par la chaîne ABC pour son émission WIDE WORLD OF ENTERTAINMENT et animée par l'acteur Peter Lawford. Un touchant hommage est rendu à James Dean par le biais de diverses entrevues avec quelques célébrités ayant côtoyé le célèbre comédien comme, entre autres, Natalie Wood, Sal Mineo, Sammy Davis Jr. et le compositeur Leonard Rosenman.
     

    Rebel Without A Cause : Defiant Innocents 
    Documentaire produit exclusivement pour cette édition récapitulant la chronique du tournage du film et offrant une réflexion pertinente de son impact à travers les années et les générations. Comprend des entrevues avec les comédiens Dennis Hopper, Corey Allen et Frank Mazzola, jeune inconnu jouant le rôle d'un loubard dont la véritable expérience auprès de gangs de rues lui a permis de servir de conseiller technique auprès de Nicholas Ray.
     

    Additional Scenes 
    Une surprenante collection de 16 séquences coupées au montage. Certaines de ces séquences sont manifestement des plans d'essai en vue du tournage final de certaines séquences tandis que les autres sont des séquences complémentaires à certaines autres séquences s'étant rendues jusqu'au montage final. Notez que toutes les séquences sont présentées sans bande sonore et que certaines de celles-ci sont en noir et blanc. Ce petit détail s'explique du fait que le tournage fut commencé originalement en noir et blanc, cependant, la Warner voulant mettre en valeur son nouveau procédé Warnercolor, il fut décidé, peu après le début du tournage, que ce film serait plutôt tourné dans la version que l'on connaît.
     

    Behind The Cameras 
    Trois extraits d'une émission télévisée des années 1950 et animée par le comédien Gig Young (THEY SHOOT HORSES, DON'T THEY?; BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA) où celui-ci mettait en valeur certaines des nouvelles productions de la Warner. Dans ce cas-ci, nous avons droit à des extraits faisant la promotion de REBEL WITHOUT A CAUSE, alors en plein tournage, avec des entrevues sur le plateau avec James Dean (sortant d'un essai de costumes pour GIANT), Natalie Wood et Jim Backus.
     

    Screen Test 
    Extrait d'une audition tenue par James Dean, Natalie Wood et Sal Mineo, où ceux-ci répètent un extrait du scénario.
     

    Wardrobe Tests 
    Quelques bouts d'essai où James Dean et les comédiens formant le gang de Buzz procèdent aux essais de différents costumes utilisés pour la production.
     





    GIANT (GÉANT) (1956) de George Stevens 

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     De passage au Maryland pour y faire l'achat d'un magnifique étalon auprès d'une riche famille de l'endroit, Jordan « Bick » Benedict (Rock Hudson) tombe sous le charme de Leslie Lynnton (Elizabeth Taylor), jeune héritière pimpante et dégourdie. L'histoire d'amour s'ensuit et, le charmant petit couple se retrouvant rapidement marié, Leslie raccompagne Bick au Texas où celui-ci, éleveur de bétail, exploite un ranch nommé Reata. Elle y découvre une terre à la superficie monumentale dominée par un étrange manoir de style gothique surplombant une immense plaine aride. En plus d'y expérimenter les rigueurs du climat, Leslie doit composer avec l'hostilité de Luz (Mercedes McCambridge, la soeur de Bick, dirigeant le ranch avec son frère d'une main ferme. Étant sensibilisée aux misérables conditions de vie des travailleurs mexicains employés par le ranch, elle découvre aussi un univers où le racisme latent et les idées préconçues sont prédominants. Pendant ce temps, Jett Rink (James Dean), jeune homme de main de Reata enviant la fortune de Bick, s'amuse à provoquer la pagaille dans l'entourage. Lorsque Luz meurt et laisse une parcelle de terrain du ranch en héritage à Jett, celui-ci refuse de la revendre à Bick afin de pouvoir l'exploiter à sa guise. Découvrant un gisement de pétrole sur sa terre, Rink construit un premier puits de forage qui fera sa fortune. Devenu PDG d'une prospère société pétrolière exploitant un large réseau de puits de pétrole dans tout l'état, celui-ci multiplie les tentatives pour s'approprier les terres de Reata, tout en se butant à un constant refus de la part de Bick. Les années passent et les deux époux ne sont pas au bout de leurs peines : à travers de multiples disputes et réconcilitations, ils tomberont des nues lorsque leur fille Luz II (Carroll Baker) leur dévoile qu'elle est éprise de Jett Rink, et Bick aura aussi à faire face à ses propres préjugés alors que son fils Jordy (Dennis Hopper), poursuivant des études de médecine malgré le désaccord de son père, prend pour épouse une jeune immigrante mexicaine. 

    GIANT. Un titre tout à fait convenable et qui résume à lui seul tous les superlatifs que l'on peut apposer à l'ampleur de cette immense production. Adapté du roman-fleuve d'Edna Ferber (SARATOGA TRUNK, SHOW BOAT) décrivant la saga d'une riche famille d'éleveurs de bétail sur une période d'environ quarante ans, tout dans GIANT est de proportion gigantesque, à commencer par la présence du réalisateur George Stevens à la barre. Monstre sacré du cinéma américain, Stevens compte à son actif plusieurs joyaux de la grande période du cinéma hollywoodien. Ayant d'abord fait sa marque dans la comédie, en assumant la réalisation de plusieurs courts-métrages burlesques à l'époque de l'avènement du film parlant. Il passe ensuite à la réalisation de longs-métrages, où il excelle toujours dans la comédie, signant quelques oeuvres mémorables, à commencer par SWING TIME (1936), un des plus célèbres musicals du couple Fred Astaire-Ginger Rogers, tandis qu'il fait sa marque aussi dans le style débonnaire avec, entre autres, WOMAN OF THE YEAR (1942) et THE TALK OF THE TOWN (1943). Quant à GUNGA DIN (1939), Stevens signe ici l'un des meilleurs films d'aventures d'avant-guerre, qui donne du même coup un avant-goût de sa prédilection pour les superproductions à venir. Après avoir terminé son service militaire pendant la guerre, où il filmera lui-même l'arrivée des forces alliés dans le camp de concentration de Dachau, et l'horrible découverte qui s'ensuivit, Stevens délaisse le genre qui l'a si bien servi pour des sujets plus ambitieux. C'est ainsi qu'il réunit à l'écran Elizabeth Taylor et Montgomery Clift pour A PLACE IN THE SUN (1951), brillante étude psychologique adaptée du roman de Theodore Dreiser (CARRIE) racontant les sombres desseins d'un jeune ambitieux. Stevens passe ensuite à SHANE (1953), magnifique western crépusculaire avec Alan Ladd, qui restera encore aujourd'hui un modèle du genre.
     
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    Lorsque George Stevens prend en main l'adaptation de GIANT, il est précédé d'une solide réputation taillée sur le béton, et Stevens le prouvera encore une fois ici. Déjà armé d'un sujet aux maintes possibilités, Stevens construit cette saga texane de la main sûre et ferme d'un vétéran qui en a vu d'autres. Déjà réputé de caractère affable et paisible, le tempérament de Stevens se transmet aussi dans sa mise en scène. Accouchant d'un récit long de quelques 201 minutes, Stevens couche sur pellicule le scénario de Fred Guiol (GUNGA DIN) et Ivan Moffat (THEY CAME TO CORDURA) avec la force tranquille d'un vieux sage. La saveur épique de la réalisation de Stevens est bien sûr palpable, mais ce qui surprend tout d'abord dans GIANT, c'est la lenteur et l'extrême méticulosité démontrée par Stevens pour juxtaposer successivement chaque étape du récit. L'amplitude et la beauté de la cinématographie du chef-opérateur William C. Mellor (THE DIARY OF ANNE FRANK) confère à certaines séquences un aspect poétique et méditatif qui est d'ailleurs bien suggérée par l'imposante partition musicale du grand Dimitri Tiomkin (HIGH NOON).
     



    Géant, le film l'est aussi au niveau de son sujet et de ses personnages plus grands que natures. Le Texas est un des états les plus vastes de tous les États-Unis, et la démesure de certains de ses habitants y est reconnue. Ils sont ici, comme d'habitude et joviaux, chaleureux, mais peut-être pour la première fois, Stevens ose ici aborder le chauvinisme et le racisme sournoisement dissimulés sous la truculence coutumière. À travers le personnage de Leslie Lynnton, nous pouvons ainsi observer le fossé immense qui sépare l'Est, aux idées plus progressistes et libérales, à l'Ouest, aux valeurs plus conservatrices. Néanmoins, loin de prendre parti, le récit de Ferber nous offre une galerie de portraits nuancés interprétés par un trio de comédiens légendaires. Elizabeth Taylor est ici éblouissante dans le rôle de Leslie Lynnton, dont les airs parfois pincés cache une forte personnalité se taillant une place avec persévérance dans un univers dominé par la misogynie. Rock Hudson trouve en Bick Benedict son premier rôle prestigieux au grand écran et du fait même, une de ses meilleures prestations. Habitué d'être confiné à des rôles de jeunes premiers, Hudson est ici étonnant de véracité en interprétant ce rancher au caractère charmeur et séduisant, mais aussi bourru et intransigeant avec son entourage. Quant à James Dean, s'il est ici affiché pour la première fois dans un rôle secondaire, le personnage de Jett Rink lui offre peut-être cependant son rôle le plus complet. Le récit s'échelonnant sur plusieurs années, Dean a dû avoir recours à plusieurs registres d'interprétation pour étoffer sa prestation, passant du jeune Jett Rink, réminiscent, à plusieurs égards, des personnages précédents interprétés par Dean, au baron du pétrole cynique et amer dont l'ultime désir de vengeance est constamment attisé par son insatiable cupidité. Il est amusant de voir Dean ici sous un autre aspect, avec les traits vieillis par le maquillage. D'ailleurs, ce dernier aurait lui-même rasé une partie de sa chevelure afin de former une calvitie, histoire d'insuffler plus de véracité à son personnage. On reconnaît bien ici une démarche propre à la Méthode Stanislavski prônée par les disciples de l'Actor's Studio.
     

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    Il serait dommage ici de ne pas souligner les contributions de Carroll Baker (BABY DOLL), Dennis Hopper (dans le rôle le plus mémorable de sa période pré-EASY RIDER) et surtout, de Chill Wills (RIO GRANDE, THE ALAMO), excellent dans le rôle de l'oncle Bawley, bon vivant à l'esprit vif et moqueur, et Mercedes McCambridge, comédienne surtout connue pour avoir interprété la rivale de Joan Crawford dans JOHNNY GUITAR (Nicholas Ray, 1954) et pour avoir personnifié la voix du démon dans THE EXORCIST (William Friedkin, 1973), qui use ici à bon escient d'un physique peu flatteur pour donner corps au personnage de la soeur tyrannique de Bick Benedict. Sal Mineo (REBEL WITHOUT A CAUSE) apparaît cependant ici dans un tout petit rôle sans envergure où il n'a tout juste que deux ou trois répliques. Selon certaines sources, Mineo aurait déjà signé un contrat afin d'apparaître dans GIANT alors qu'il tournait avec Nicholas Ray. Devant la popularité inattendue acquise par le jeune comédien, la Warner n'aurait eu d'autre choix que de faire figurer son nom parmi les interprètes principaux.
     
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    Immense et grandiose, GIANT n'est qu'un des nombreux testaments laissés par George Stevens témoignant de la gloire d'un certain cinéma hollywoodien d'autrefois, où la rigueur et la perfection voulait encore dire quelque chose. Laissez-vous transporter par le récit palpitant d'Edna Ferber et le souffle épique de la réalisation de George Stevens, et découvrez le Texas comme il n'avait jamais été dépeint auparavant.
     

    GIANT est offert en format panoramique 1.66:1 conformément à son format original de présentation en salle. Cependant, les détenteurs de téléviseur de format 16:9 se verront déçus, ce transfert n'étant pas anamorphosé. Cependant, celui-ci offre un fini respectable, alliant une belle saturation des couleurs à une profondeur des noirs satisfaisante. Un léger flou dans les contours d'image est perceptible par endroits, et le rendu des contrastes affiche une certaine déficience lors de certaines séquences tournées à l'extérieur, mais cela ne gâche en rien le plaisir du visionnement. 

    Cette édition offre la
     version originale anglaise en format Dolby Digital 2.0 Stéréo. cette piste offre un bel environnement sonore agrémenté d'une ambiophonie respectable. Le tout est reproduit avec belle vigueur sur les canaux avant et procure un plaisir certain à l'oreille experte. La version française (doublage produit en France) est aussi disponible en format Dolby Digital 1.0 Mono avec une piste de qualité largement inférieure à la précédente, et qui ne semble qu'un simple repiquage d'une vieille copie utilisée pour la télévision. Bien dommage. Des sous-titres français, anglais et espagnols sont aussi offerts en option. 

    Notez que cette présente édition DVD de GIANT est en fait la même que celle disponible sur le marché depuis quel que temps. Au niveau des suppléments, la Warner nous offre un véritable buffet que voici :
     

    DISQUE UN 

    Introduction de George Stevens Jr. 
    Fils de George Stevens et documentariste de profession, George Stevens Jr. nous présente ce qui est une des oeuvres majeures de la filmographie de son père.
     

    Commentaire audio de Stephen Farber, Ivan Moffat et George Stevens Jr. 
    Piste de commentaire enregistré conjointement par les intervenants, celle-ci bénéficie surtout de la présence de George Stevens Jr. et du critique Stephen Farber passant, avec une belle fluidité, de simples anecdotes de tournage à une analyse rigoureuse des thèmes abordés par le script de GIANT, et sa mise en contexte au niveau historique. Ceux-ci passent aussi en revue quelques-uns des hauts faits du réalisateur et des interprètes principaux. Quant aux interventions du scénariste Ivan Moffat, ils sont ici plus sporadiques mais contiennent quelques éléments fort intéressants portant sur la rédaction du script.
     

    George Stevens : Filmmakers Who Knew Him 
    Documentaire de près de 45 minutes comportant plusieurs témoignages de cinéastes ayant côtoyé George Stevens, et pas des moindres, puisque au nombre des metteurs en scène venant faire un tour de piste, on compte Frank Capra (IT'S A WONDERFUL LIFE), Rouben Mamoulian (DR.
    JEKYLL AND MR. HYDE, THE MARK OF ZORRO), Joseph L. Mankiewicz (ALL ABOUT EVE, SUDDENLY LAST SUMMER), Fred Zinnemann (HIGH NOON, FROM HERE TO ETERNITY), Robert Wise (THE HAUNTING, THE SOUND OF MUSIC) et Alan J. Pakula (KLUTE, ALL THE PRESIDENT'S MEN). 

    DISQUE DEUX 

    Memories Of Giant 
    Documentaire de près d'une heure proposant un survol du film et de son impact au fil des années sur le cinéma américain. À travers des entrevues avec George Stevens Jr. et des membres de la distribution (dont une interview de Rock Hudson enregistrée avant sa mort), ceux-ci récapitulent certains souvenirs de tournage et un hommage exhaustif est rendu, par la même occasion, à James Dean.
     

    Return To Giant 
    Autre documentaire de durée équivalente reprenant quelques éléments du précédent mais se concentrant surtout sur les aléas du tournage des séquences d'extérieur de GIANT, ayant eu lieu dans la petite localité de Marfa, au Texas.
     

    New York Premiere Telecast 
    Dans son intégralité, voici une émission télévisée spéciale de l'époque animée par Chill Wills et la comédienne Jayne Meadows couvrant l'avant-première du film à New York. On peut y apercevoir George Stevens et les comédiens Dennis Hopper et Carroll Baker, de même que les actrices Natalie Wood et Joanne Woodward, tout juste sortie du tournage de THREE FACES OF EVE (Nunnally Johnson, 1956). Même Jack L. Warner, grand manitou du studio, vient exposer son énorme sourire satisfait à l'écran.
     

    Hollywood Premiere 
    Segment d'un film d'actualité de l'époque abordant la première du film au célèbre Chinese Theater de Hollywood.
     

    Giant Stars Are Off To Texas 
    Petit segment d'un film d'actualité filmé lors de l'arrivée de George Stevens, Elizabeth Taylor et Rock Hudson sur les lieux du tournage, au Texas.
     

    Stills 
    Compilation de photographies promotionnelles et d'autres clichés pris sur les lieux de tournage.
     

    Documents 
    Photographies de divers documents consistant pour la plupart en divers mémos rédigés par George Stevens et Jack L. Warner, grand nabab du studio et portant sur les délais de tournage et le dépassement considérable du budget initial.
     

    Behind The Cameras : On Location In Marfa, Texas 
    Segment de l'émission télévisée animée par l'acteur Gig Young proposant une incursion dans les coulisses des plateaux de tournage de GIANT dans la petite ville de Marfa.
     

    Behind The Cameras : A Visit With Dimitri Tiomkin 
    Cette fois-ci, Gig Young s'entretient avec le célèbre compositeur Dimitri Tiomkin, qui s'amuse à nous jouer quelques-uns de ses airs les plus connus au piano.
     

    Trailers 
    Compilation de quatre bandes-annonces originales diffusées en salle : deux à l'occasion de la sortie initiale du film en 1956, et deux autres pour deux re-sorties subséquentes en salle, respectivement en 1963 et 1970.
     

    A Giant Undertaking 
    Quelques notes en format texte proposant un survol de la carrière de George Stevens, ainsi qu'un bref survol de quelques anecdotes du tournage de GIANT.
     

    George Stevens Filmography 
    La Liste complète de l'imposante filmographie du réalisateur George Stevens.
     

    Awards 
    Liste des principaux prix remportés par GIANT.
     

    Cast & Crew 
    Retranscription du générique complet de la production.
     

    -------------------------------------------------------------------
     

    Lorsque James Dean termine le tournage de GIANT, il est déjà affublé de l'épithète de sensation de l'heure à Hollywood et il se trouve à l'aube d'une carrière brillante et prometteuse. Fervent de courses automobiles et participant lui-même à quelques compétitions, Dean a souvent frôlé la mort en vivant dangereusement. Il en payera finalement le prix : le 30 septembre 1955, quatre jours seulement après avoir terminé son travail sur le plateau de GIANT, Dean enfourche sa Porsche Spyder afin de se rendre à une course tenue à Salinas, Californie, ville natale de John Steinbeck. Il ne se rendra jamais à destination. James Dean périt dans une collision frontale avec un autre véhicule arrivant en sens inverse à une intersection alors qu'il se trouve à mi-chemin. C'est la consternation autant chez le public que dans les milieux artistiques. La consternation fera place à l'adulation alors que REBEL WITHOUT A CAUSE, encore au stade de la post-production au moment de la tragédie, sortira sur les écrans un mois plus tard. Finalement, après un dernier tour de piste flamboyant dans GIANT, le mythe deviendra légende.
     

    On ne compte plus les hommages rendus à James Dean. Du côté du cinéma, Robert Altman s'y est pris deux fois, signant tout d'abord le documentaire THE JAMES DEAN STORY (1957) et le drame intimiste COME BACK TO THE FIVE AND DIME, JIMMY DEAN, JIMMY DEAN (1982) avec Cher dans le rôle d'une admiratrice effectuant un pèlerinage à l'occasion du vingtième anniversaire de la mort tragique de son idole. Côté musical, les analogies ne manquent pas, que ce soit par le biais de chansons-hommages (JAMES DEAN des Eagles, par exemple) ou bien au travers d'un opéra-pop-rock comme LA LÉGENDE DE JIMMY, de Luc Plamondon et Michel Berger. Figure emblématique du Septième Art et icône éternelle de la jeunesse américaine, la mémoire de James Dean est encore une fois bien servie ici, étant immortalisée, cette fois sur format DVD.
     

    Studio éditeur : Warner
     
    Date de sortie : 31 mai 2005
     

    EAST OF EDEN 
    Film : 5/5
     
    Image : 4/5
     
    Son VO : 4/5
     
    Son VF : 3/5
     
    Bonus : 5/5
     

    REBEL WITHOUT A CAUSE 
    Film : 5/5
     
    Image : 4/5
     
    Son VO : 4/5
     
    Son VF : 2/5
     
    Bonus : 5/5
     

    GIANT 
    Film : 5/5
     
    Image : 3,5/5
     
    Son VO : 3,5/5
     
    Son VF : 2/5
     
    Bonus : 5/5

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