• Sa majesté Wanda Jackson, reine du rockabilly interview 2010

    Sa majesté Wanda Jackson, reine du rockabilly  juin 2010

     

    interview

     

    Au bout du fil, dans sa suite d’un hôtel d’Hamilton, Ontario, Wanda Jackson parle tranquillement, avec une voix douce et rassurante. Comme une grand-maman, mais une mamie qui parle d’Elvis comme de sa plus grande inspiration. Si elle est The Queen of rockabilly, c’est sûrement parce que le King lui-même (avec qui elle aurait fricoté à l’époque…) l’a incitée à se convertir au rockabilly, quelque part en 1955 ou 1956, alors qu’elle tournait avec lui. À cette époque, Wanda Jackson donnait encore dans le country, comme elle le faisait depuis sa tendre enfance.

     

    Née à Maud, Oklahoma, c’est son père Tom, lui-même un chanteur country, qui lui met une guitare entre les mains alors qu’elle n’a que 6 ou 7 ans. «Père écoutait beaucoup Jimmie Rodgers, le Blue Yodeler. Il a été ma première inspiration. C’est sur sa musique que j’ai appris à yodeler», se souvient la reine du rockabilly. En 1952, alors qu’elle est toujours à l’école secondaire, elle gagne un concours de talent qui lui permet de se faire entendre à la radio. Son talent ne ment pas, elle se joint rapidement au groupe du chanteur country d’Oklahoma, Hank Thompson. Dès 1955, elle opère en solo et se retrouve en tournée avec un jeune Elvis Presley, qui vient tout juste d’enregistrer ses premiers 45 tours chez Sun records. Son succès est alors limité au Sud des États-Unis.

     

    «J’ai changé pour le rockabilly lorsqu’Elvis m’a conseillé de le faire. À voir les réactions du public à la musique d’Elvis lors des tournées, on savait que le rockabilly était the next big thing. Je crois qu’Elvis a vu ça venir avant tout le monde», réfléchit-elle. Elle avait beau être dans les bonnes grâces du King, son parcours a tout de même été parsemé d’embûches. Durant les années 50, le rock’n'roll n’est pas accepté socialement. C’est la musique du diable. Wanda Jackson a eu l’audace de se lancer dans ce milieu d’hommes tout puissants dont le roi est Elvis et ses valets, Johnny Cash, Jerry Lee Lewis et les suivants, une bande de jeunes mâles alpha sauvages et frénétiques.

     

    Wanda Jackson n’est pas que la reine, elle est aussi the first lady of rock’n'roll, la première dame du rock, une pionnière dans le genre. D’ailleurs, elle attend toujours sa place, bien méritée, au Rock’n’roll Hall of Fame, puisque peu d’autres femmes ont donné dans le rock’n'roll dans les fifties. Prosternons-nous devant celle qui a ouvert la voie et donné une voix – toute une d’ailleurs, rauque et féline – aux femmes dans le rock.

     

    Elle doit tout de même attendre 1958 avant de connaître son premier grand succès, Let’s Have A Party qu’Elvis lui-même avait jouée sous le titre Party pour le film Loving You. Wanda Jackson avoue toutefois s’être inspirée de la version des Collins Kids pour en arriver au classique qu’on connaît aujourd’hui. Après quelques succès, au cours des années 60, elle retourne à ses racines country, puis trouve une nouvelle vie dans les saints-chemins de la foi chrétienne en 1971 et continue sa carrière dans le gospel. Elle effectue un retour au rockabilly dans les années 90, suite à un concert qu’elle donne avec Rosie Flores.

     

    Depuis, elle n’arrête pas. De ville en ville, de festival en festival, surtout en Europe, il faut le dire, ou le rockabilly n’est jamais passé au second plan. «Un jour on m’a dit qu’une chanson fatiguée, ça n’existe pas. Il n’y a que des chanteurs fatigués!, lance Wanda Jackson avec une énergie sereine et sincère. Ça me fait sentir plus jeune de jouer devant de jeunes auditoires tous les soirs!», ricane-t-elle.

     

    « histoire fiftieshistoire fifties »
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