• T-BONE WALKER / 

     

     

    T-Bone WALKER, est né Aaron Thibeaux WALKER le 28 mai 1910 à Linden, Texas. Décédé le 16 mars 1975 à Los Angeles, Californie. 

    De parents musiciens, T-Bone WALKER apprend très jeune à jouer du banjo, et fait partie de l'orchestre familial dès l'âge de treize ans. Ses parents qui tiennent une sorte d'auberge, accueillent des musiciens en tournée; ce qui permet à T-Bone WALKER de rencontrer Texas Alexander et surtout Blind Lemon Jefferson. Créateur du blues texan, Blind Lemon Jefferson est aveugle et demande donc régulièrement à T-Bone WALKER d'être son guide.  

    En échange, T-Bone WALKER va recevoir de ce maître du Blues, de précieux conseils pour la guitare.  Peu de temps après, T-Bone WALKER devient chanteur et danseur dans une troupe de Medecine Show. 

      

    En 1926, T-Bone WALKER va accompagner comme joueur de banjo la chanteuse de blues classique, Ida Cox. Puis trois ans plus tard, il grave ses premiers titres pour Columbia sous le nom de Oak Cliff T.Bone. Malheureusement, "Trinity River Blues " et " Wichita Falls " ne rencontrent pas le succès escompté. 


    En 1930, après avoir remporté le premier prix d'un concours amateurs organisé par Cab Calloway, T-Bone WALKER intègre pour quelque temps l'orchestre de ce dernier. En 1933, T-Bone WALKER fait la connaisssance de Charlie Christian et joue dans la formation de Lawson Brooks. Puis un an plus tard, il déménage à Los Angeles avec l'idée de devenir comme Cab Calloway un chanteur de swing, et intègre le groupe de Big Jim Wynn à Little Harlem. 

      

    Comme tous les guitariste de l'époque, T-Bone WALKER va alors être très influencé par Lonnie Johnson. Ce guitariste qui se sert de son instrument pour réaliser des solos note à note, en jouant une corde à la fois, révolutionne le jeu de la guitare qui n'était jusqu'à présent joué qu'en accords d'accompagnement. Mais c'est à Oklaoma City, que T-Bone WALKER va faire la rencontre la plus déterminante pour sa carrière. Il fait la connaissance de Chuck Richardson, qui enseigne la technique révolutionnaire du solo sur guitare électrique. 

      

    En 1935, T-Bone WALKER devient ainsi l'un des premiers musiciens à adopter la guitare électrique. Il faudra attendre 1940, pour qu'il enregistre à New-York avec l'orchestre Lee Hite son premier succès: " T. Bone Blues". 

      

    Entre 1942 et 1946, avant que T-Bone WALKER forme son propre orchestre, il joue et enregistre avec les formations de Freddie Sack, Marl Young et le Al Kilian Quintet. Il va enregistrer pendant cette période les titres "Mean Old World" et "I Got A Break Baby" pour Capitol (1942). Ces deux titres vont devenir rapidement des classiques essentiels pour toute une génération de guitaristes qui est entrain d'adopter le blues électrique. T-Bone WALKER est alors reconnu comme l'un des grands innovateurs du Blues. En 1945, il part s'installer à Chicago, où son jeu de guitare fait sensation, et va influencer de grands artistes de blues, dont Muddy WATERS. 

      

    Entre 1946 et 1947, sa période la plus brillante, T-Bone WALKER va enregistrer des titres qui deviendront des grands classiques du blues.  Il va signer son plus grand succès, avec "Call It Stormy Monday", mais composera également "I'm gonna Find My Baby" et "T-Bone Shuffle". 

      

    En 1950, T-Bone WALKER va signer avec les disques Imperial, à Los Angeles, pour une durée de quatre ans. Son style est plus dur, plus rock, sur des tempos rapides, mais toujours accompagné par une section de cuivres puissante. En 1955, T-Bone WALKER va passer chez Atlantic pour une période de cinq ans. En permanence en tournée, sa santé devient fragile et un ulcère à l'estomac l'oblige à marquer une pause. 

      

    En 1962, T-Bone WALKER participe à la première tournée de L'American Folk Blues Festival, où le public européen l'acclame. Sans cesse en tournée, il va tout de même enregistrer une bonne vingtaine d'albums jusqu'en 1973. Fatigué, il va abandonner la guitare au profit du piano. En 1974, T-Bone WALKER va avoir une crise cardiaque, dont il ne parviendra pas vraiment à se rétablir.  

      

    Le 16 mars 1975, il décède d'une pneumonie à Los Angeles. 

               

     

    merci a lui d avoir exister et que dieu le garde

     

       il a grandement aussi influe sur le rock deja en 1945 il balance des titres swing rock .   

                  

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  • MEMPHIS TENNESSEE / 

     

     

    C'est le grand CHUCK BERRY qui écrit ce monument et l'enregistre la même année en 1959, pour CHESS RECORDS , qui va l'intégrer en face B du single BACK IN THE USA / MEMPHIS TENNESSE (chess 1729) . Il va aussi la choisir pour le film GO JOHNNY GO en plus de LITTLE QUEENIE et JOHNNY B GOODE fin 59. Sa version n'entrera pas dans les charts U.S, mais il va en  sortir une copie conforme sous le nom de LITTLE MARIE (chess 1912) qui entrera à la 54e place du hot 100 en 1964.

    La version de BERRY est bien atypique à son style, sa GIBSON ES 335 bien en avant répondant à la rythmique linéaire de BO DIDDLEY , (en effet c'est BO qui va s'occuper de la   rythmique) , un tempo mi-rapide , restant toujours proche du rythme & blues et surtout un chant prédominant très "white" et des paroles originales ayant de la "constance "! (conversation téléphonique empli de quiproquos) ....

    Le tube va être repris par une multitude d'artistes et non des moindres .

    La première reprise sera instrumentale , de LONNIE MARK (fraternity 906) , mais c'est JOHNNY RIVERS qui va  en faire un TUBE et entrera à la 2e place du HOT 100 , il  va en vendre un million d'exemplaires . (Imperial 5446) (En prejudice à ELVIS , explication a suivre) . Buck Owens sortira sa version en 1965 (capitol 5446) etc George Thorogood, The Grateful Dead, Silicon Teens, Lonnie Mack The Beatles, The Animals, Paul Anka, Count Basie, The Dave Clark Five, Bo Diddley, Jan and Dean, Tom Jones, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison, , The Rolling Stones, Izzy Stradlin, Gene Summers, Hasil Adkins, Conway Twitty, John Cale, Riblja Čorba and The Faces. 

    Elvis va l'enregistrer tout d'abord le 27 mai 1963 studio B  RCA NASHVILLE : ce sera le 1er titre du 2é jour de cette session, mais curieusement , il n'enregistre que 2 prises et s'arrête , ses 2 prises non retenu au final par RCA , peut être encore un RATE de leur part ??? en tout cas tout ce beau monde va gâcher un N° I  au hot 100 en puissance . (vraisemblablement que PRESLEY n’en fasse que 2 prises (ma propre opinion+lecture session), est qu' il était pressé d'enchainer avec le titre suivant IT S LONG LONELY HIGHWAY ( de ses compositeurs fétiches du moment sureté de gros tube , POMUS -SHUMAN ) .Les 2 version finalement sortiront bien plus tard sur le coffert COLLECTORS GOLD . ...De plus sur les écrits des sessions ELVIS n a pas senti en ce 27 MAI que le titre était dans la boite , bien comme il le voulait , cela demandait encore réflexion ....

    (lorsque RIVERS sort MEMPHIS TENNESSEE, ELVIS aurait été vexé mais ne dévoila jamais ce fait au grand publique , en effet c'est lors d'une visite de JOHNNY chez ELVIS que ce dernier lui aurait parlé du titre et ensuite RIVERS l'a sorti avant PRESLEY lui dérobant son idée, Elvis sera bon joueur, de plus River refute , après passant , cela a été répeter de membres de la memphis mafia ) .

    C est le 12 janvier 1964 qu’ ELVIS avec les mêmes musiciens que le 27 mai , retourne au même studio compléter la session de MAI 63 (hors film) . Il démarre de nouveau avec MEMPHIS TENNESSEE, la dernière  prise 6 sera la bonne et figurera sur l'album ELVIS FOR EVERYONE ?

    eh oui en single, elle aurait certainement eu encore sa chance même si RIVERS avait déjà sorti sa version, RCA a encore tapé à coté ...BUDDY HARMAN et DJ fontana vont retravailler l’introduction, plus convaincante de l'avis de tous, surtout au mixage ou ELVIS demande à RON STEELE (ingénieur du son) un travail différent de la première version . Apres les roulements donc, l'entrée progressive de toutes la rythmique va donner une impression de puissance et une sérénité a tout le titre. Le résultat va être assez surprenant , comme souvent avec LE KING ;  déjà un tempo plus rapide ,  une intro musclé et un accompagnement assez complexe car les 2 guitares principales  font en fin de compte tout deux un travail de solo , un en accord , l'autre en picking ; un travail propre sans faille et des solos fantastiques d efficacité surtout , le FINGER PICKING au service du ROCK N ROLL  , le titre pourtant est loin d être lourd mais parait tranquille simple  et c'est bien en cela la magie PRESLEY . DE PLUS ET  cela depuis son retour de l'armée sa voix , bien à part des autres , inattendue cette fois pour ce style de chanson , mais merveilleuse  , enjôleuse , claire , nette, quelque peu nonchalante , sexy , ELVIS LE KING . Sans doute la version la plus aboutie. ELVIS va la reprende sur scène dans les années 7O , preuve qu'il appréciait ce titre .

    notamment il en fredonne quelques ligne le 20 AOUT 1970 

    11 AOUT 1971 version complete

    3 juillet 1973 version complete

    6 AOUT 1973 pareil

    22 juillet 1975 quelques lignes.

     

    Long distance information give me memphis tennesee
    Help me find the party trying to get in touch with me
    She could not leave her number, but I know who placed the call
    ’cause my uncle took the message and he wrote it on the wall.

    Help me information get in touch with my marie;
    She’s the only one who’d phone me here from memphis, tennesee.
    Her house is on the south side, high up on a ridge
    Just about a half a mile from the mississippi bridge.

    Last time I saw marie, she was waving me goodbye
    With hurry home drops on her cheeks that trickeled from her eye
    Marie is only six years old, information, please
    Try to put me through to her in memphis, tennesee

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    oui bon elle est fan de rock n roll

     

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  • tennessee ernie ford : 

    encore un personnage de légende qui a contribue a l'essor du rock , qui a développé le boogie , et fait connaitre le gospel a un plus large public .

    Ernest Ernie FORD ne le 13 février 1919 à BRISTOL (TENNESSEE) et décédé le 17 octobre 1991 après avoir, la même année , fait sa dernière interview pour une radio et dîner a la maison blanche (bush père) . 

    FORD démarre sa carrière à la radio WOPI à BRISTOL en tant que présentateur. 

    Il s'en va en 1939 étudier la musique classique et entre au "CINCINNATTI CONSERVATORY OF MUSIC" .. 

    Durant la 2e guerre mondiale il va servir dans les fameux bombardiers AMERICAINS b-29 (forteresse noire) au dessus du japon notamment.

    Apres la guerre FORD va de nouveau travailler en radio SAN BERNADINO - PASADENA en CALIFORNIE. Il va présenter le programme de country music BAR NOTHING RANCH. Il va en tant que disc jockey se différencier en créant, sous un pseudo (TENNESSE ERNIE), sa légende de "a Wild hillbilly», en accentuant ce cote rustre du sud .Il va devenir si célèbre dans les alentours que la grande radio locale KXLA va l'engager .

    Il va se voir faire la même émission mais en plus se joindra au "cliffie stone's popular live kyla country show" le DINNER BELL ROUND UP comme chanteur.

    Capitole le remarque et va le signer, rapidement il devient une star de la télé, dans la fameuse émission HOMETOWN JAMBOREE .

    Il va de même créer une cinquantaine de chansons dans le début des années 50 s, on en plaçant quelque unes dans les charts !

    Tennessee en devient une figure du "boogie woogie" en créant un groupe autour de lui pour renforcer sa sonorité et pofiner sa musique avec, JIMMY BRYANT guitariste, SPEEDY WEST pédale Steele.

    Il fit même un énorme titre a l'époque en duo avec KAY STARR  avec I LL NEVER BE FREE ..

    En 1955 IL VA FRAPPER UN GRAN COUP  en reprenant de façon magistral et inattendue , un tube de MERLE TRAVIS , SIXTEEN TONS  , grâce a une tonalite en dessous de la normale pour l'époque , ce morceau va sortir des sentiers habituels , ce qui aura comme conséquence  , 10 semaines n1 dans les charts . Ce titre va devenir sa marque de fabrique sans être sa chanson , une marque aussi pour DISNEY EUX-MEMES , qui vont ce l'approprié pour un dessin animée ... 

    Plus tard il va créer son propre programme sur la NBC de 1956 à 1961 (the Ford show) en innovant la encore, en imposant a la fin de chaque émission une chanson religieuse (oser pour l'époque) ; c'est lors de cette période qu’ il va employer le terme de DISC JOCKEY . 

    En 1956 il va réaliser HYMNS son premier album de gospel et va entrer dans les charts pour y rester 277 semaines consécutives, une grande victoire de sa part ... 

    Son album GREAT GOSPELS SONGS reçu même un grammy awards en 1964 

    Ensuite ERNIE déménage avec sa famille a NORTHERN (Californie); de 1962 à 1965 , va être présentateur du TENNESSE ERNIE FORD SHOW pour ABC T.V NETWORK .. 

    durant les années qui suivirent il va obtenir 3 prix du HOLLYWOOD WALK OF FAME  , POUR LA RADIO - TELE - DISQUES .En 1984 il recevra la PRESIDENTIAL MEDAL OF FREEDOM  et en 1990 sera introduit au 

    COUNTRY MUSIC HALL OF FAME. Il AURA AUSSI A TITRE POSTHUME UNE RECONNAISSANCE DU GOSPEL MUSIC HALL OF FAME. 

     

     

    Milk 'Em In The Mornin' Blues (Ernest Ford) 2:22 // Master # 3893 // Cap. # 15400 //Recorded January 21, 1949 // Released February 28, 1949   Tennessee Border # 1 (Jimmy Work) 2:24 // Master # 3895 // Recorded January 21, 1949 

    2.  Philadelphia Lawyer 2:21 // Master# 3982 // Cap.# 15430 // Recorded January 21, 1949 //  Country Junction (Ernest Ford/Cliffie Stone) 2:21 // Master# 3983 // Cap.# 15430 // Recorded January 21, 1949 // Released March 28,  1949 

    3.  Smoky Mountain Boogie (Ernest Ford/Cliffie Stone) // 3:36 // Master# 4601 // Cap.# 40212 // Recorded June 21, 1949 // Released August 8, 1949 // Billboard--#8 Country 

    .  You'll Find Her Name Written There // Master # 4602 // Recorded June 21, 1949 

    5.  Put Your Arms Around Me (Cindy Walker) // 3:17 // Master# 5061 // Cap.# 2042 //  Recorded April 7, 1952 // Released April 7, 1952 

    6. Anticipation BluesFord/Cliffie Stone) // 2:08 // Master# 5062 // Cap.# 40258 // Recorded October 10, 1949 // Released November 28, 1949 // Billboard -- #3 Country 

    7.  Blues Stay Away From Me (w/Merle Travis, Eddie Kirk and The Cliffie Stone Band) // (Alton Delmore, Rabon Delmore, Wayne Raney, Henry Glover)// 2:36 // Master# 5063 // Cap.# 40254 // Recorded October 11, 1949 // Philosophy / Master# 5064 // Cap.# 40254 // Recorded October 11, 1949 

    8. Mule Train  (Fred Glickman, Johnny Lange, Hy Heath) // 3:02 // Master# 5108 // Cap.# 40258 Recorded October 18, 1949 // Released November 28, 1949 // Billboard -- #1 Country -- #9 Pop 

    9. Cry Of The Wild Goose (Terry Gilkyson) // Master # 5359 // Cap. #40280 // Recorded December 30, 1949 // Released January 30, 1950 //  Billboard -- #2 Country -- #15 Pop 

    10. Twilight Time In Texas // Master# 5434 // Unreleased // Recorded December 30, 1949 

    11. My Hobby (Ernest Ford) // 2:30 // Master# 5598 // Cap.# 985 // Recorded January 3, 1950 // No Release Date Available- 

    12. Always A Bridesmaid // Master# 5599 // Unreleased // -No Information Available- 

    13. Feed Em' In The Mornin' Blues (Ernest Ford) // Master# 5600 // Recorded January 3, 1950 // No Release Information Available // Notes: A parody of his single, "Milk Em In The Mornin' Blues", Ernie wrote this take-off as a lark, after the birth of his first son, Buck. 

    14. I'll Never Be Free (w/Kay Starr) (Benny Benjamin, George Weiss) // 2:34 // Master# 6168 // Cap.# 1124 // Recorded June 28, 1950 //   Billboard -- #2 Country -- #3 Pop // Ain't Nobody's Business But My Own (w/Kay Starr) (Irving Taylor) // 2:38 // Master# 6169 // Recorded June 28, 1950 // Released July 24, 1950 // Billboard -- #5  Country 

    15. It's The Talk Of The Town (w/The Starlighters) (Jerry Levinson, Marty Symes, Al Neiburg) // 2:46 // Master# 6358 // Unreleased Single: Released 1994 on Masters 1949-1976 (Cap#30292) // Recorded July 14, 1950 

    16. Cincinnati Dancing Pig (w/ The Starlighters) (Guy Wood, Al Lewis) // 2:37 // Master# 6359 // Cap.# 1174 // Recorded April, 1950 // -No Release Date Available- 

    17. The Lord's Lariat (w/The Starlighters) (Ernest Ford) // 2:56 // Master# 6385 // Cap.# 1159 // Recorded April, 1950 // -No Release Date Available- 

    18. What This Country Needs (Is A Good Old Fashioned Talk With The Lord) // (w/The Starlighters) // (Tim Spencer, Red Rowe) // 2:24 // Master# 6386 // Cap.# 1159 // Recorded April, 1950 

    19.  Bright Lights And Blonde-Haired Women  (w/The Starlighters) (Eddie Kirk) // 3:04 // Master# 6357 // Cap.# 1380 // Recorded July 14, 1950 // Released May 2, 1960 (On Capitol's Sixteen Tons LP Cap.# T-1380) 

    20. I Ain't A-Gonna Let It Happen No More // Master# 6457 // Recorded July 27, 1950 // Shotgun Boogie (Ernest Ford) // 2:34 // Master# 6458 // Cap.# 1295 // Recorded July 27, 1950 // Released November 13, 1950 // Billboard--#1 Country--10 weeks / #14 Pop 

    21. Blue Canadian Rockies (Cliffie Stone and his Hometown Jamboree Gang) (Cindy Walker) // 2:50 // Master# 6459 // Cap.# 1167 // Recorded July 27, 1950 // Released September, 1950 // Notes: This recording was actually a Cliffie Stone record. Although Ernie takes a brief solo, he never  received label credit on the actual single. 

    22. Leetle Juan Pedro (w/Eddie Kirk and The Cliffie Stone Band) (Bob Cecil, Cliffie Stone) // 2:20 // Master# 6629 // Cap.#1275 // -No Information Available- 

    23. Tailor Made Woman (w/ Joe "Fingers" Carr) (Jimmy Bryant, Bill Kemp) // 2:18 // Master# 6767 // Cap.# 1349 // Recorded October 24, 1950 // Released January 8, 1951 // Stack-O-Lee (w/ Joe "Fingers" Carr and The Carrhops) (Arr. by Louis Busch) // 2:46 // Master# 6768 // Recorded October 24, 1950 //  Billboard -- #8 Country 

     

    24. I'm A Bad Man (w/ Tex Williams) (Harold Stanley) // 2:53 // Master# 7017 // Cap.# 95291// Recorded January 8, 1951// Released July 18, 1991// Notes: Originally shelved by Capitol; not released until its appearance on 1991's Capitol Collector's series. 

    25. You Can Tell A Texan Ev'ry Time (w/ Tex Williams) (Roger Davenport) // 2:15 // Master# 7018 // Recorded January 18, 1951// Released November, 1994 // Notes: Also shelved after recording, this track was not released until Capitol's 1994 boxed set, Masters 

    26. The Strange Little Girl // 2:59 // Master# 7308 // Cap.# 1470 //  Recorded 1951// Kentucky Waltz // Master # 7309 // Recorded May, 1951// Released June 15, 1951 //  Billboard -- #9 Country 

    27. She's My Baby (Ernest Ford) // Master# 7310 // Cap.# 1521// Recorded 1951// Mr. and Mississippi (Irving Gordon) // 3:05 // Master# 7402 // Recorded 1951// Released June 16, 1951//Billboard -- #2 Country, #18 Pop 

    28. Christmas Dinner (Ernest Ford) // 2:50 // Master# 7403 // Cap.# 1830 // Recorded  1951// A Rootin' Tootin' Santa Claus (Oakley Hadelman, Peter Tinturin) // 1:48 // Master# 7404 // Recorded  1951// -No Release Date Available- 

    29. Ocean Of Tears (w/ Kay Starr) (Hope Rider, Lida Dolan) // 2:35 // Master# 7537 // Capitol # 1567 // Recorded May 7, 1951// Released 1951// You're My Sugar (w/ Kay Starr) (Irving Taylor, Hal Stanley) // 2:36 // Master# 7538 // Recorded May 7, 1951// Released 1951 

    30. Rock City Boogie (w/ The Dinning Sisters) (Joe Allison, Anita Kerr)  // 2:11 // Master# 7922 // Cap.# 1911// Recorded August 14, 1951// Released December 31, 1951// Streamlined Cannonball (w/ The Dinning Sisters) (Roy Acuff) // 2:37 // Master# 7923 // Recorded August 14, 1951// Released December 31, 1951 

    31. Kissin' Bug Boogie (Allan Roberts, Robert Allen) // 2:03 // Master# 7924 // Cap.# 1775 //Recorded August 14, 1951 // Woman Is A Five-Letter Word (Zarel, Singer, Shaw) // 2:48 // Master# 7925 // Recorded August 14, 1951 

    32. Hey, Good Lookin' (w/ Helen O'Connell) (Hank Williams) // 2:03 // Master# 7995 // Cap.#1809 // Recorded  September 17, 1951// Released October 8, 1951// Cool, Cool Kisses (w/ Helen O'Connell) (Ernest Ford, Cal Martin)// 2:17 // Master# 9023 // Released October 8, 1951 

    33. Hambone (w/ Bucky Tibbs and The Cliffie Stone Orchestra) // (Rod Saunders, Leon Washington)// 2:05 // Master# 9776 // Cap.# 2017 // -No Information Available-// The Gandy Dancer's Ball (w/ Cliffie Stone's Orchestra)// (Paul Weston, Paul Mason Howard) // 2:12 // Master# 9777 //  -No Information Available- 

    34. Everybody's Got A Girl But Me (Sherm Feller)// 1:57 // Master# 9830 // Cap.# 2042 // Recorded September 6, 1952 // -No Release Date Available- 

    35. Fatback Louisiana, USA (w/ Cliffie Stone's Orchestra) (Stan Freberg)// 2:19 // Master# 9831 // Cap.# 2066 // Recorded 1952 // -No Release Date Available- // Snowshoe Thompson (w/ Cliffie Stone's Orchestra) // (Paul Mason Howard, Buddy Ebsen) // 2:35 // Master# 9832 // Recorded 1952 // -No Release Date Available- 

    36. The Tennessee Local (w/ Cliffie Stone's Orchestra) // (Steve Nelson, Ed G. Nelson, Jimmy Dupree)// 2:24 // Master# 10307 // Cap.# 2170 // Recorded July 10, 1952 // Released August 4, 1952 // Blackberry Boogie (w/ Cliffie Stone's Orchestra) (Ernest Ford) // 2:26 // Master# 10308 // Recorded July 10, 1952 //  Billboard -- #6--Country 

    37. I'm Hog-Tied Over You (w/ Ella Mae Morse) (Ernest Ford) // 2:32 // Master# 10392 // Cap.# 2215 // Recorded July 9, 1952 // False Hearted Girl (w/ Ella Mae Morse) (Alton Delmore, Rabon Delmore) // 2:15 // Master# 10393 // Recorded July 9, 1952 // Released September 8, 1952 

    38. I Don't Know (Willie Mabon, J. Thomas) // 2:32 // Master# 10943 // Cap.# 2338 // Recorded December 23, 1952 //  -No Release Date Available- 

    39. Sweet Temptation // 2:37 // Master# 10944 // Recorded December 23, 1952 // -No Release Date Available- 

    40. Don't Start Courtin' In A Hot Rod (w/ Molly Bee) (Ernest  Ford)// 2:32 // Master# 11160 //Cap.# 2473 // Recorded 1953 // -No Release Date Available- // We're A-Growin' Up (w/ Molly Bee) // (Twomey, Wise, Weisman) // 2:01 // Master# 11161// Recorded 1953 // -No Release Date Available- 

    41. Deliverance Will Come//Master# 11225//Recorded September 9, 1953 // -Unreleased- 

    42. The Ninety And Nine // Master# 11226//Recorded September 9, 1953 // -Unreleased- 

    43. Hey, Mr. Cottonpicker! (Dak Stanford, Robert Mitchum) // 2:19 // Master# 11227 // Cap.# 2443// Recorded September 9, 1953 // -No Release Date Available- // Three Things (A Man Must Do) // (Irving Drake, Jimmy Shirl) // 3:00 // Master# 11228 // Recorded September 9, 1953 // -No Release Date Available- 

    44. Celebratin' // 2:28 // Master# 11373 // -No Information Available- 

    45. Kiss Me Big (w/ Cliffie Stone's Orchestra)  (Ernest Ford) // 2:19 // Master# 11688 // Cap.# 2602 // -No Release Date Available- // Catfish Boogie (w/ Cliffie Stone's Orchestra) (Ernest Ford) // 2:16 // Master# 11709 // -No Release Date Available- 

    46. There Is Beauty In Everything (w/ Orchestra Conducted By Billy May) // (Marjorie Thrasher) // 2:58 // Master# 12422 // Cap.# 2939 // -No Recording or Release Date Information Available-// Somebody Bigger Than You And I (w/ Orchestra Conducted By Billy May) // Lange, Burke, Heath)//2:30 // Master# 12423 // -No Recording or Release Date Information Available- 

    47. This Must Be The Place! (w/ Betty Hutton and The Billy May Orchestra) // (Edward Pola, Allan  Copeland)// 1:54 // Master# 12454 // Cap.# 2809 // Recorded March 3, 1954 // Released May 17, 1954 // The Honeymoon's Over (w/ Betty Hutton and the Billy May Orchestra) // (Horton, McCarthy, Meisels) // 1:53 // Master# 12455 // Recorded March 3, 1954 

    48. Give Me Your Word (w/ The Billy May Orchestra) // 3:06 // Master# 12588 // Cap.# 2810 // Recorded April 22, 1954 //  River Of No Return (w/ The Billy May Orchestra) (Lionel Newman, Ken Darby) // 2:30 // Master# 12589 // Recorded April 22, 1954 // Released May 31, 1954 // Billboard -- #5 Country 

    49. Eins, Zwei, Drei (One, Two Three) (w/ The Billy May Orchestra) // (Fred Spielman, Kermit Geitl) // 2:06 // Master# 12590 // Cap.# 2876 // Recorded 1954 // -No Release Date Available- // Losing You (w/ The Billy May Orchestra) (Norman Kaye) // 2:15 // Master# 12591// Recorded 1954 // -No Release Date Available- 

    50. The Ballad Of Davy Crockett (From Walt Disney's Davy Crockett) // (Tom Blackburn, George Bruns) // 2:51 // Master# 13544 // Cap.# 3058 // Recorded February 7, 1955 // Released March 1, 1955 // Farewell  (From Walt Disney's Davy Crockett (Tom Blackburn, George Bruns) // 2:33 // Master# 13545 // Recorded February 7, 1955 //  Billboard -- #4 Country, #5 Pop 

    51. I Am A Pilgrim // 3:16 // Master# 13813 // Cap.# ? // His Hands // 2:34 // Master# 13814 // -No Recording or Release Information Available- 

    52. sixteen tons(Conducted By Jack Fascinato) (Merle Travis) // 2:34 // Master# 3262 // Cap.#14296 // Recorded September 20, 1955 // Released October 17, 1955 //  Billboard -- #1 Pop (8 weeks) -- #1 Country (10 weeks) // You Don't Have To Be A Baby To Cry (Bob Merrill, Terry Shand) // 2:10 // Master# 14297 // Recorded September 20, 1955 

    53. The Rovin, Gambler (Trad.:Arr. By Jack Fascinato, Ernest Ford) // 2:11 // Master# 14589 // Cap.# 3421// Recorded January 5, 1956 // Released May 7, 1956 // John Henry (Trad.: Arr. By Merle Travis) // 2:52 // Master# 14726 // Recorded 1956 

    54. Bright Lights And Blonde-Haired Women (Eddie Kirk) //  2:25 // Master# 14611 // Cap.# 3343 // Recorded November 22, 1955 // Released February 6, 1956 // Note: This was the second version Ernie cut of this Eddie Kirk tune; the first is Master# 6387 // That's All (Merle Travis) // 2:45 // Master# 14725 // Recorded November 22, 1955 //  Billboard -- #12 Country -- #17 Pop 

    55. Rock, Roll, Boogie (Abner Silver, Roy Alfred) // 2:23 // Master# 15517 // Cap.# 3474 // Recorded 1956 // Call Me Darlin' (Call Me Sweetheart, Call Me Dear) (Reisfeld, Fryberg, Marbot) // 2:31 // Master# 15518 // Recorded 1956 // -No Release Date Available- 

    56. First Born (Johnny Lehmann) // 2:09 // Master# 15519 // Cap.# 3553 // Recorded June 4, 1956 // Released October 1, 1956 

    57. One Suit (Charlie Singleton, Larry Coleman) // 2:02 // Master# 16510 // Cap.# 3649 // Recorded December, 1956 // The Watermelon Song (Bill 'Roy' Eustrom) // 2:10 // Master# 16511 // Recorded December, 1956 // Released February 25, 1957 

    58. The Lonely Man (From The Paramount Picture, The Lonely  Man) // (Nathan Van Cleave, Jack Brooks) // 2:10 // Master# 16697 // Cap.# 3700 // Recorded 1957 // False Hearted Girl (Alton Delmore, Rabon Delmore) // 2:20 // Master# 14609 // Recorded 1957 // -No Release Date Available- // Note: This was the second version of this track; the first was Ernie's duet with Ella Mae Morse (listing 53). 

    59. In The Middle Of An Island // 2:20 // Master# 17237 Cap.# 3762 // Recorded 1957 // Ivy League // 2:12 // Master# 17238 // Released July 22, 1957 

    60. Bless Your Pea Pickin' Heart(H. Geller, S. Henry) // 2:10 // Master# 18051 // Cap.# 3868 // Recorded 1957 // Down Deep (Larry Coleman) // 2:10 // Master# 18405 // Recorded 1957 // -No Release Dates Available- 

    61. Love Makes The World Go 'Round (Ollie Jones) // 2:27 // Master# 19183 // Cap.# 3997//  Recorded 1958 Released June 15, 1958 // Sunday Barbecue (Ira Cook, Mort Greene) // 2:19 // Master# 19184 

    62. Sleepin' At The Foot Of The Bed (Boudleaux Bryant) // 2:06 // Master# 19182 // Cap. # 4107 // Recorded 1958 // Released December 8, 1958 // Glad Rags (J. Bond) // 1:51 // Master# 19185 // Recorded 1958 

    63. Code Of The Mountains (Karl and Harty, Patrick McAdory) // 3:12 // Master# 31212 // Cap.# 4173 // Recorded December, 1958 // Released March 30, 1959 // Black-Eyed Susie (Trad: Arr. Ernest Ford, Jack Fascinato) // 2:02 // Master# 31245 // Recorded December, 1958 

    64. Joshua Fit The Battle (Trad: Arr. By Ernest Ford, Jack Fascinato) // 1:20 // Master# 33827 // Cap.# 4416 // Recorded 1960 // Released July 1, 1960 // O Mary, Don't You Weep (Trad: Arr. By Ernest Ford, Jack Fascinato) // 1:45 // Master# 33842 // Recorded 1960 

    65. Little Klinker (Thomas Lalakos) // 1:56 // Master# 34341 // Cap.# 4446 // Recorded 1960 // Released September 26, 1960 // Jingle-o-The Brownie (Dick Reynolds) // 1:56 // Master# 34342 // Recorded 1960 

    66. Dark As A Dungeon (Merle Travis) // 3:02 // Master# 35272 //  Cap.# 4531// Recorded 1961// Released February 27, 1961// Note: This was Ernie's second version of this classic Merle Travis song. // His Love Makes The World Go Around (Cindy Walker) // 2:01 // Master# 35270 // Recorded 1961 

    67. I Gotta Have My Baby Back (Floyd Tillman) // 3:44 // Master# 34934 // Cap.# 4577 // Recorded 1961 // Released May 29, 1961// Little Red Rockin' Hood (Jack Hammer) // 1:54 // Master# 35863 // Recorded 1961 

    68. Take Your Girlie To The Movies (Wendling, Leslie, Kalmar) // 2:25 // Master# 36776 // Cap.# 4734 // Recorded December, 1961 // Released April 2, 1962 // There'll Be No New Tunes On This Old Piano (Johnny Lange, Hy Heath) // 2:02 // Master# 36778 // Recorded December, 1961 

    69. Work Song (Oscar Brown, Jr., Nat Adderly) // 2:57 // Master# 37792 // Cap.# 4793 // Recorded 1962 // Released July 2, 1962 // Rags And Old Iron (Oscar Brown, Jr.) // 2:44 // Master# 37793 // Recorded 1962 

    70. How Great Thou Art  (Stuart K. Hine) // 2:35 // Master# 38053 // Cap.# 4838 // Recorded June, 1962 // Released September 10, 1962 // Eternal Life (The Prayer of St. Francis) (Olive Dungan) // 2:18 // Master# 38054 // Recorded June, 1962 

    71. Hicktown (Turner, Williams) // 2:50 // Master# 53497 // Cap.# 5425 // Recorded January, 1965 // Released May 17, 1965 // Sixteen Tons (Merle Travis) // 2:23 // Master# 53496 //  Billboard -- #9 Country // Note: This was Ernie's second version of his Trademark song. A radical departure, Ernie and his producer, Lee Gillette turned the song on its ear, by giving it a contemporary rock sound. This is a real find for the true collector! 

    72. Hand-Me-Down Things (Randy Sparks) // 2:32 // Master# 57493 // Cap.# 5996 // Recorded June, 1967 // Released September 11, 1967 // The Road (Randy Sparks) // 2:28 // Master# 57494 // Recorded June, 1967 

    73Rainy Night In Georgia (Tony Joe White) // 4:42 // Master# 74681 // Cap.# 2918 // Recorded 1970 // Released September 14, 1970 // Let The Lovelight In Your Eyes Lead Me On (E. Sheldon, J. Keller) / 3:02 // Master# 74683 // Recorded 1970 

    74. Don't Let The Good Life Pass You By (Sharon Leigh Rucker) // 2:46 // Master# 76329 // Cap.# 3079 // Recorded 1971// Released March 22, 1971// Happy Songs Of Love (F. Stanton, A. Kent) // 2:38 // Master# 76328 // Recorded 1971 

    75. The Pea-Pickin' Cook (Jack Fascinato) // 3:01 // Master# 78704 // Cap.# 3422 // Recorded 1972 // Released August 21, 1972 // Song (Mama's Song) (B. Buie, J. Cobb) // 3:02 // Master# 78705A // Recorded 1972 

    76Printer's Alley Stars (Johnny Cunningham) // 2:55 // Master# 79568 // Cap.# 3556 // Recorded November, 1972 // Released December 26, 1973 // Baby (Ray Griff) // 3:00 // Master# 79577 // Recorded November, 1972 

    77. Farther Down The River (Where The Fishin's Good) (C. Williams, S. Stone) // 2:46 // Master# 79556 // Cap.# 3631 // Recorded November, 1972 // Released May 28, 1973 // You've Still Got Love All over You (M. Tubb, A. Kent) // 3:01 // Master# 79562 // Recorded November, 1972 

    78. Colorado Country Morning (B. Duncan, J. Cunningham) // 2:44 // Master# 79566 // Cap.# 3704 // Recorded November, 1972 // Released August 20, 1973 // Daddy Usta Say (Charlie Williams) // 2:56 // Master# 79567 // Recorded November, 1972 

    79. Sweet Child Of Sunshine (Gene Price) // 2:56 // Master# 79558 // Cap.# 3783 // Recorded 1973 // Released November 19, 1973 // She Picked Up The Pieces (E. Goff, R. Sanders) // 2:38 // Master# 90529 // Recorded 1973 

    80. I've Got Confidence (Andrae Crouch) // 2:40 // Master# 90974 // Cap.# 3848 // Recorded January, 1974 // Released March 4, 1974 // I'd Like To Be (Dennis Saeger) // 2:09 // Master# 79561 // // Recorded November, 1972 

    81. Come On Down (J. Hayford, S. Stone) // 3:20 // Master# 90971 // Cap.# 3916 // Recorded January, 1974 // Released June 24, 1974 // Bits And Pieces Of Life (Charlie Williams) // 4:15 // Master# 90531 // Recorded September 27,1973 

    82. Smokey Taverns, Bar Room Girls (Tom Bresh) // 2:06 // Master# 90530 // Cap.# 4160 // Recorded September 27, 1973 // Released October 13, 1975 // The Devil Ain't A Lonely Woman's Friend (D. Frazier, S. Shafer) // 2:43 // Master# 91107 // Recorded 1975 

    83. I Been To Georgia On A Fast Train (Billy Jo Shaver) // 2:52 // Master# 93087 // Cap.# 4285 // Recorded March, 1976 // Released June 20, 1976 // Baby's Home (Stone, Duncan, Roberts) // 2:24 // Master# 93088 // Recorded March, 1976 


    Filmography 

    Jump to filmography as: Actor, Soundtrack, Self, Archive Footage 

    Actor:

    1.     Opryland (1973) (TV)

    2.     "The Glen Campbell Goodtime Hour" .... Guest Performer (1 episode, 1971)
        -
     Episode #3.15 (1971) TV Episode .... Guest Performer

    3.     The Peapicker in Piccadilly (1969) (TV)

    4.     Mouse on the Mayflower (1968) (TV) (voice) .... Narrator

    5.     "The Lucy Show" .... Homer Higgins (1 episode, 1967)
    ... aka The Lucille Ball Show (USA: alternative title)
        -
     Lucy and Tennessee Ernie Ford (1967) TV Episode .... Homer Higgins

    6.     "The Tennessee Ernie Ford Show" (1962) TV Series

    7.     "Make Room for Daddy" (1 episode, 1959)
    ... aka The Danny Thomas Show (USA: new title)
        -
     Tennesee Ernie Stays for Dinner (1959) TV Episode

    8.     The Lonely Man (1957) (voice) .... Singer

    9.     "I Love Lucy" .... Cousin Ernie (3 episodes, 1954-1955)
    ... aka Lucy in Connecticut (USA: rerun title)
    ... aka The Sunday Lucy Show (USA: rerun title)
    ... aka The Top Ten Lucy Show (USA: rerun title)
        -
     Tennessee Bound (1955) TV Episode .... Cousin Ernie
        -
     Tennessee Ernie Hangs On (1954) TV Episode .... Cousin Ernie
        -
     Tennessee Ernie Visits (1954) TV Episode .... Cousin Ernie

    10.   Corral Cuties (1954)

    11.   "Old American Barn Dance" (1953) TV Series (as Tennessee Ernie) .... Regular performer

    12.   Man in the Saddle (1951) (uncredited) .... Wrangler
    ... aka The Outcast (UK)

    13.   The Best Years of Our Lives (1946) (uncredited) .... Nightclub/Hillbilly singer
    ... aka Samuel Goldwyn's The Best Years of Our Lives (USA: poster title)

    Soundtrack:

    1.     Best of Country Live! (2006) (V) (performer: "Shotgun Boogie")

    2.     Ghosts of the Sky (1989) (V) (performer: "Ghost Squadron")
    ... aka Wings Video Series: Ghosts of the Sky (USA: video box title)

    3.     The Lonely Man (1957) (performer: "The Lonely Man")

    4.     Corral Cuties (1954) (performer: "Anytime")

    5.     River of No Return (1954) (performer: "River of No Return")

    6.     Man in the Saddle (1951) (performer: "Man in the Saddle")
    ... aka The Outcast (UK)

    Self:

    1.     A Ford Show Family Christmas (1994) (V) .... Himself

    2.     "Hee Haw" .... Himself (3 episodes, 1974-1979)
        -
     Episode #11.3 (1979) TV Episode .... Himself
        -
     Episode #10.23 (1979) TV Episode .... Himself
        -
     Episode #5.21 (1974) TV Episode .... Himself

    3.     "The Merv Griffin Show" .... Himself (1 episode, 1977)
        -
     Episode dated 6 January 1977 (1977) TV Episode .... Himself

    4.     "Dinah!" .... Himself (2 episodes, 1976-1977)
    ... aka Dinah! & Friends
        -
     Episode dated 3 January 1977 (1977) TV Episode .... Himself
        -
     Episode dated 4 October 1976 (1976) TV Episode .... Himself

    5.     The Stars and Stripes Show (1976) (TV) .... Himself - Host

    6.     "The Sonny and Cher Comedy Hour" .... Himself (1 episode, 1973)
        -
     Episode #3.24 (1973) TV Episode .... Himself

    7.     "The Tonight Show Starring Johnny Carson" .... Himself (1 episode, 1972)
    ... aka The Best of Carson (USA: rerun title)
        -
     Episode dated 25 February 1972 (1972) TV Episode .... Himself

    8.     "Rowan & Martin's Laugh-In" .... Himself (2 episodes, 1969-1970)
    ... aka Laugh-In
        -
     Episode #3.19 (1970) TV Episode .... Himself
        -
     Episode #3.11 (1969) TV Episode .... Himself

    9.     "The Dean Martin Show" .... Himself (1 episode, 1966)
    ... aka The Dean Martin Comedy Hour (USA: new title)
        -
     Episode dated 22 December 1966 (1966) TV Episode .... Himself

    10.   "The Andy Williams Show" .... Himself (4 episodes, 1962-1966)
        -
     Episode dated 30 October 1966 (1966) TV Episode .... Himself
        -
     Episode dated 3 January 1966 (1966) TV Episode .... Himself
        -
     Episode dated 19 October 1964 (1964) TV Episode .... Himself
        -
     Episode dated 27 December 1962 (1962) TV Episode .... Himself

    11.   "The Hollywood Palace" .... Himself - Guest Host (1 episode, 1965)
        -
     Episode #2.33 (1965) TV Episode .... Himself - Guest Host

    12.   The Tennessee Ernie Ford Hour (1964) (TV) .... Himself

    13.   "The Jack Benny Program" .... Himself (1 episode, 1961)
    ... aka The Jack Benny Show
        -
     Tennessee Ernie Ford Show (1961) TV Episode .... Himself

    14.   "Startime" .... Himself (1 episode, 1960)
    ... aka Ford Startime
    ... aka Lincoln-Mercury Startime
        -
     Tennessee Ernie Ford Meets King Arthur (1960) TV Episode .... Himself

    15.   "What's My Line?" .... Himself - Mystery Guest (1 episode, 1958)
        -
     Episode dated 4 May 1958 (1958) TV Episode .... Himself - Mystery Guest

    16.   "The Steve Allen Show" .... Himself / ... (2 episodes, 1957)
    ... aka The Steve Allen Plymouth Show (USA: new title)
        -
     NBC Fall Preview (1957) TV Episode .... Himself - Singer
        -
     Episode #2.24 (1957) TV Episode .... Himself

    17.   "Bandstand" .... Himself (1 episode, 1957)
    ... aka AB (USA: short title)
    ... aka American Bandstand (USA: new title)
    ... aka American Bandstand 1966 (USA: ninth season title)
    ... aka New American Bandstand 1965 (USA: new title)
    ... aka VH1's Best of American Bandstand (USA: rerun title)
        -
     Episode dated 19 September 1957 (1957) TV Episode .... Himself

    18.   "This Is Your Life" .... Himself (2 episodes, 1956-1957)
        -
     Tommy Sands (1957) TV Episode .... Himself
        -
     Tennessee Ernie Ford (1956) TV Episode .... Himself

    19.   "The Tennessee Ernie Ford Show" (1956) TV Series .... Himself (unknown episodes)
    ... aka The Ford Show

    20.   "The Colgate Comedy Hour" .... Himself - Singer (1 episode, 1955)
    ... aka Colgate Summer Comedy Hour (USA: summer title)
    ... aka Colgate Variety Hour (USA: sixth season title)
    ... aka Michael Todd Revue (USA: subtitle)
        -
     Episode #5.22 (1955) TV Episode .... Himself - Singer

    21.   "Songs for Sale" .... Himself (1 episode, 1951)
        -
     Episode dated 13 October 1951 (1951) TV Episode (as Tennessee Ernie) .... Himself

    22.   Screen Snapshots: Jimmy McHugh's Song Party (1951) .... Himself

    23.   "Kay Kyser's Kollege of Musical Knowledge" (1949) TV Series .... Himself / ... (unknown episodes)
    ... aka College of Musical Knowledge (USA: new title)

    Archive Footage:

    1.     Best of Country Live! (2006) (V) .... Himself

    2.     I Love Lucy's 50th Anniversary Special (2001) (TV)

    3.     Tennessee Ernie Ford: Amazing Grace (1993) (V) .... Himself

     

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    Ecrite par WILLIE DIXON et CHARLES STONE, elle est  enregistrée en 1955 par LITTLE WALTER JACOBS (checker 811) , dans un style bien californien ; un swing blues ,prenant l'harmonica comme instrument de solo ,batterie exécutée au balai et une rythmique très assurée ,frôlant  le vrai rythme and blues .

    En écoutant cette version ,de suite on constate que ce tube peut évoluer de plusieurs façon et offre de multiples  possibilité , que ce soit dans le feeling comme dans la structure et même le style ..

    Le morceau est une adaptation d'un titre gospel de 1940 THIS TRAIN  de SISTER ROSETTA THARPE ,d'ou cette rythmique qui parait foncer tout droit devant a pleine vitesse et que rien ne peut arrêter (cf mystery train)...

    Walter va rester 4 semaines au rythme and blues chart, mais sera tout de même sous évalué à mon sens !!

    1960, c’est WILLIE DIXON qui la reprend sous le titre  MY BABE DON T STAND NO CHEATIN (folk ways LPF 2386)

    ROY HEAD lui va entrer dans le hot 100 (99e place) en 1966 (back beat 560)..

    En 2008 elle est intronisée au  Blues Foundation Hall of Fame

    Elle va donc être reprise par un grand nombre d'artistes ,BLUES -SWING -ROCK N ROLL -ROCKABILLY dont

    ELVIS qui ne l'enregistrera jamais en studio mais va l'introduire a son répertoire, lors de son retour sur scène à l'international hôtel de LAS VEGAS en AOÛT 1969 .Il va de nouveau sortir des sentiers habituels ,étonner même de part la structure qu’ il va donner au tube .Plus de solo mais rajoutant une sorte de refrain ,un jeu de voix puissant entre lui et ses chœurs en réponse . .Démarrant sur un rythme d'enfer sa version bien en place ne va pour ma part, pas dépasser certaines autres version, surement un accompagnement un peu trop pompeux ! mais alors au niveau voix, il est de nouveau exceptionnel, surtout s’il en oublie pas que sa version est en live donc aucune manière de reprendre , corriger…..

    Un très bon moment des shows de 69 permettant a ELVIS un super jeu de scène !

    Elle sera donc présente aux sows:

    15-22-25 AOUT 1969 MIDNIGHT SHOW

    26 AOUT 1969 DINNER SHOW

    28 AOUT 1969 CLOSING SHOW

    22 FEVRIER 1971 MIDNIGHT SHOW une version plus courte mais dans l'envolée des choeurs ELVIS est encore plus sauvage , plus criard .

    24 JUILLET 1971 MIDNIGHT SHOW

    30 JUILLET 1971 DINNER SHOW

    joué 17-18 JUIN 1972 DINNER SHOW version de longueur égale a celle de 69 mais sur un tempo rapide(même trop) et le piano est différemment en rythmique .

    4 AOUT 1972 OPENING SHOW .

     

     

     

     

     

     

    My baby don't stand no cheatin', my babe
    Oh yeah she don't stand no cheatin', my babe
    Oh yeah she don't stand no cheatin', 
    She don't stand none of that midnight creepin'
    My babe, true little baby, my babe
     

    My babe, I know she love me, my babe
    Oh yes, I know she love me, my babe
    Oh yes, I know she love me,
    She don't do nothin' but kiss and hug me
    My babe, true little baby, my babe
     

    My baby don't stand no cheatin', my babe
    Oh no, she don't stand no cheatin', my babe
    Oh no, she don't stand no cheatin',
    Ev'rything she do she do so pleasin'
    My babe, true little baby, my babe
     

    My baby don't stand no foolin', my babe
    Oh yeah, she don't stand no foolin', my babe
    Oh yeah, she don't stand no foolin',
    When she's hot there ain't no coolin'
    My babe, true little baby, my babe
    She's my baby (true little baby) ...
     

    http://www.dailymotion.com/video/x1skxg_gene-vincent-eddie-cochran-my-babe_music 

    les versions rockabilly  les plus représentatifs

    sonny burgess -sun 1957 -version piano en avant

    mickey gilley -astro 101 - version piano a la jerry lee

    dale hawkins -checker 906-1958

    ricky nelson -1958 imperial-

    ronnie smith-hamilton 45 50003-1958

    conway twitty-mgm-1963

    narvel felts-sun-1957

    Ainsi que d autres qui ont repris ce tube :

     

     

     

     

     

      

     Afficher l'image d'origineAfficher l'image d'origine

    Afficher l'image d'origineMickey Gilley - Gilley's Smokin'

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    Résultat de recherche d'images pour "my babe conway twitty"Afficher l'image d'origine

     

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  • HAPPY BIRTHDAY, BABY :

     

     

    Happy, happy birthday, baby
    Joyeux, joyeux anniversaire, bébé
    Although you're with somebody new
    Même si vous êtes avec quelqu'un de nouveau
    Thought I'd drop a line to say
    Pensé que je devais laisser tomber une ligne-à-dire
    That I wish this happy day
    Je souhaite que cet heureux jour
    Would find me beside you
    Me trouver à vos côtés

    Happy, happy birthday, baby
    Joyeux, joyeux anniversaire, bébé
    No I can't call you my baby
    Non, je ne peux pas vous appeler mon bébé
    Seems like years ago we met
    On dirait ans, nous avons rencontré
    On a day I can't forget
    Sur une journée, je ne peux pas oublier
    'Cause that's when we fell in love
    Parce que c'est là que nous sommes tombés amoureux

    Do you remember
    Vous souvenez-vous
    The names we had for each other
    Les noms que nous avions pour l'autre
    I was your pretty, you were my baby
    J'étais ta jolie, tu étais mon bébé
    how could we say goodbye
    comment pourrions-nous dire au revoir

    Hope I didn't spoil your birthday
    J'espère ne pas gâcher votre anniversaire
    I'm not acting like a lady
    Je ne joue pas comme une dame
    So I'll close this note to you
    Donc, je vais fermer cette note pour vous
    With good luck and wishes too
    Avec de la chance et souhaite aussi
    Happy, happy birthday, baby
    Joyeux, joyeux anniversaire, bébé

     

    Chanson écrite par MARGO SYLVIA et GILBERT LOPEZ EN 1952 , qui vont ensuite former un goupe familial 

    avec le mari à MARGO JOHNNY et CHARLOTTE DAVIS LEUR COUSINE (TUNE WEAVERS) .

    TUNE WEAVERS sort le titre en 1957 , un carton! HAPPY BIRTHDAY, BABY   entre a la 5e place du BILLBOARD et 4e du chart  R & BLUES  .

    Elle sort d'abord avec le label CASA GRANDE mais sera un échec , racheté par CHESS/CHECKER  RECORDS , c'est à ce moment que le titre va prendre son envol .

     

    Tune-weavers - Happy Happy Birthday Baby casa Grande Stock

     Tune Weavers - Happy Happy Birthday Baby Checker 78

    Elle vient aux oreilles d ELVIS qui va l'essayer seul au piano en privée chez EDDY FADAL à WACO (texas) lors d'une permission le  mercredi 27 MAI 1958 .EDDY sera un reel ami pour ELVIS .

    ELVIS apprécie surement cette chanson il va en faire 6 versions ce jours la .

    s amusant beaucoup dessus .

    On decouvre la version en 1978 SUR l album (l.p) edité par PAUL LICHTER

    FOREVER YOUNG -FOREVER BEATIFUL (JL 92447) (label MEMPHIS FLASH) .

    disque bien sur informel qui vaudra quelques problemes a PAUL venant de RCA .

    une deuxieme pochette va sortir en 1978

    tres simple meme trop juste le macaron du disque aura le droit a une photo.En fait ce sera la premiere edition

     je l ai acheté au TREAT ME NICE en 1987 

     

     

    Le premier C.D de cette session de 1958 est

     

     

    HOME MADE RECORDING    Afficher l'image d'origine

    TCB/R CD 58789

    de 1992 de TCB RECORDS

     

    En 2010 sort un super produit ou est entres autres cette journee du 27 .

     

     

    OFF DUTY WITH PRIVATE PRESLEY                                     
    ELVIS PRESLEY  
    HARDBACK BOOK/CD 
    MRS30065859

    Private Home Recordings - Eddie Fadal Residence, Waco Texas - May 1958

     

     

    05 Sail Along Silvery Moon / I Understand Just How I Feel
    06 Happy, Happy Birthday Baby
    07 Dialogue
    08 I Can't Help It
    09 Dialogue
    10 Who's Sorry Now
    11 Who's Sorry Now Reprise#2 
    12 Happy, Happy Birthday Baby Reprise#2 
    13 Happy, Happy Birthday Baby Reprise#3 
    14 Happy, Happy Birthday Baby Reprise#4 
    15 Happy, Happy Birthday Baby Reprise#5
    16 Happy, Happy Birthday Baby Reprise#6
    17 Dialogue
    18 Tumblin' Tumbleweeds / Blue Moon / Don?t You Know I Love You
    19 Tomorrow Night 
    20 Tomorrow Night Reprise#2
    21 Little Darlin'
    22 Monologue
    23 Just A Closer Walk With Thee
    24 Elvis Arrival in Germany - Ray Barracks, Friedberg 2nd October 1958 

     

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  • Bessie SMITH

    est née probablement le 15 Avril 1894 à Chattanooga, Tennessee. Décédée le 26 Septembre 1937 à Clarksdale, Mississippi. 

    Orpheline dès l’âge de huit ans, Bessie SMITH apprend très jeune à gagner ses premiers cents, en chantant dans les rues pour nourrir très certainement ses six frères et sœurs. Possédant déjà une voix, elle réussira même à obtenir un certain succès, puisqu’elle aura l’opportunité de se produire pendant une semaine à l’Ivory Theatre, une salle de spectacle de la ville de Chattanooga. 

      

    Plusieurs années s’écouleront ainsi, jusqu’en 1912, où Bessie SMITH est engagée dans un spectacle de music-hall, au sein d’une troupe appelée les "Rabbit Foot Minstrels". 

    C’est à cette époque qu’elle va rencontrer Ma Rainey, une chanteuse de blues classique à l’expérience déjà confirmée dans le monde du spectacle et de l’interprétation. A son contact Bessie SMITH apprendra beaucoup, en se produisant dans de nombreux Minstrel Shows en sa compagnie.

    En 1917, après avoir quitté Ma Rainey, Bessie SMITH se produira dans divers shows, avant d’être engagée au Paradise Café à Atlantic City, New Jersey. C’est peu après, qu’elle va rencontrer celui qui jouera un rôle primordial dans le développement commercial de sa carrière artistique, Frank Walker. Cet homme, directeur artistique chez
     Columbia, croit que Bessie SMITH est l’artiste providentiel qu’il attendait, pour enregistrer et promouvoir le Blues dans sa firme.

    En 1923, année cruciale pour Bessie SMITH, elle enregistre "
      Down Hearted Blues" et " Gulf Caost Blues ", qui deviendront deux grands succès. Ces deux titres se vendront à 800.000 exemplaires en l’espace de six mois. La Columbia et Frank Walker, constatent que le blues n’est pas un épiphénomène, mais une musique rentable.

    Ce succès propulse Bessie SMITH sur le devant de la scène, qui devient l’une des grandes divas du Blues. Elle gagne à cette époque énormément d’argent, se produit sur scène en 1924 au Nest Club, l’un des plus célèbres clubs de New-York ; et découvre les excès (alcool, liaisons amoureuses multiples, dépenses somptueuses) que peut générer cette gloire. Heureusement, cela ne l’empêchera d’enregistrer entre 1923 et 1933, environ cent soixante titres pour la Columbia.

    En 1928, Bessie SMITH part en tournée sur la côte Ouest des Etats-Unis, et tourne en 1929 dans le court métrage Saint Louis Blues. Mais le krach boursier d’octobre 1929 va mettre un terme à la carrière de Bessie SMITH. Car les déboires de Wall Street n’épargne pas le monde du spectacle, ni de l’industrie du disque. Pour une artiste qui avait vendu plusieurs centaines de milliers d’exemplaires de chacun de ses disques, la chute allait être plus rude et douloureuse que pour d’autres artistes également touchés. Bessie SMITH ne profitera pas de la timide reprise du début des années trente, le public ayant opté pour le
     jazz et le swing, courants en pleine émergence.

    En 1930, elle aura pourtant travaillé avec les orchestres de Benny Carter et Teddy Hill, enregistrera en 1931, "
     Safety Mama" avec le pianiste Clarence Williams, et enregistrera ces derniers titres en 1934
    ("
     Do your Duty", " Gimme a Pigfoot",  " Take me for a Buggy Ride " et " I’m Down in the Dumps "). Bessie SMITH retrouvera une dernière fois la scène, en 1934, grâce à une revue intitulée "Hot from Harlem".

    Jusqu’à sa mort, survenue dans la nuit du 25 au 26 septembre 1937, des suites d’un accident de voiture, cette grande chanteuse de blues aura vécu un véritable calvaire. Délaissée par son public des premières heures, exerçant des petits boulots pour s’en sortir, elle n’a jamais pu renouer avec le succès et la reconnaissance, de son vivant.

    Celle que l’on surnomma "l’Impératrice du Blues", nous aura pourtant transmis quelques cent soixante classiques du blues, devenus aujourd’hui de véritables standards de la musique noire-américaine. Chacun de ses titres dégage tellement de puissance dramatique, et de réalité poétique, que son influence musicale aura touchée de nombreuses chanteuses de blues (Mahalia Jackson, Billie Holiday et Janis Joplin). La valeur artistique du patrimoine musical que Bessie SMITH nous a laissé, est là pour nous rappeler l’immense talent qui était le sien et la voix si extraordinaire qu’elle avait.
     

    http://www.amazon.fr/gp/music/clipserve/B000002ADO001010/1/ref=mu_sam_ra001_010/402-1609005-1918553 

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    http://www.amazon.fr/gp/music/clipserve/B000002ADO001013/1/ref=mu_sam_ra001_013/402-1609005-1918553 

    http://www.amazon.fr/gp/music/clipserve/B000002ADO001008/1/ref=mu_sam_ra001_008/402-1609005-1918553 

    http://www.amazon.fr/gp/music/clipserve/B000002ADO001017/1/ref=mu_sam_ra001_017/402-1609005-1918553 

    http://www.amazon.fr/gp/music/clipserve/B000002ADO002016/1/ref=mu_sam_ra002_016/402-1609005-1918553 

     Je vous conseille pour survoler la carrière de "l'Impératrice du Blues" l'album 2 Cd "The Essentiel Bessie SMITH". Paru en 1997,  il contient 36 titres qui parcourent l'intégralité de la période d'enregistrement de cette artiste: 1923-1933. Cette dépense d'environ  12€, vous permettra de nouer un premier contact avec Bessie SMITH. L'ensemble des titres proposés en extrait dans l'article ci-contre, étant présent. 

    L'impératrice
    du blues par tenot
     

    Au-delà des discours et des témoignages, quelle meilleure façon de rendre hommage à Frank Ténot que de remettre à disposition certains de ses textes, dévoilant ainsi à ceux qui ne voyaient en lui qu'un grand patron de presse, le journaliste de jazz qu'il n'avait au fond jamais cessé d'être. Ainsi cette très longue étudesur Bessie Smith, parue en décembre 1959, et qui s'appuie – on le verra dans la troisième partie – sur des rééditions concoctées par l'historique producteur étatsunien George Avakian.

    Le plus extraordinaire de la vie de Bessie Smith c'est qu'elle ressemble à ses chansons. En général, l'homme qui se trémousse sur la scène d'un music‑hall en annonçant d'une voix fleurie : "Dans la vie, faut pas s'en faire...", est le même qui fait discuter ses contrats par deux avocats et qui exige ses cachets par voie d'huissier. La charmante divette dont le refrain ne réclame qu'une chaumière, un verre d'eau et un cœur ruine ses amants en leur adressant les factures de son fourreur. Quant à ces durs dont les poings se serrent lorsqu'ils clament : " Ça va barder... ", le plus souvent ils redoutent les jappements d'un roquet de Passy.

    Rien de tel avec Bessie. Elle s'est décrite dans ses blues, elle a véritablement mené la vie de chien qu'elle psalmodiait avec tant de tristesse, elle a réellement connu les heures où Nobody knows you when you're down, and out : nul ne vous connaît plus quand vous êtes en bas de l'échelle. Non, plus personne ne l'a aidée à la fin de ses jours, même pas ceux qui professionnellement devraient toujours secourir leurs frères : d'inexplicables retards empêchèrent le dimanche 26 septembre 1937 son transport dans un hôpital. Le véhicule qui l'emmenait en tournée à Memphis percuta un arbre près de Coahoma dans le Mississippi. Le bras de Bessie fut arraché : son sang coulait irrémédiablement. D'après George Hofer, le médecin eut beaucoup de peine à soulever l'énorme corps de la victime dans son auto (elle pesait plus de 100 kilos). Un second accrochage entre voitures eut lieu. L'ambulance qui devait l'emmener à Clarksdale était en retard. Bessie mourut peu de temps après l'opération. Son état général était, paraît‑il, responsable de l'issue fatale. Mais on dit aussi qu'elle aurait pu être sauvée, si une clinique plus proche du lieu de la catastrophe avait bien voulu accueillir une femme de couleur.

    Que la route solitaire de la plus grande chanteuse de folklore américain se soit terminée avec Jim Crow comme agent de circulation ‑ comme l'a écrit Mezz Mezzrow dans Really the blues ‑ n'a rien d'étonnant. Bessie représente par sa vie, par son œuvre, une aventure essentiellement nègre. Lorsqu'elle naquit, vers 1900, à Chattanooga dans le Tennessee, le problème de la ségrégation ne se posait pas dans les mêmes termes qu'aujourd'hui. Il était sans espoir : nul journaliste n'aurait pris la défense de la minorité opprimée. Bessie vit le jour dans le ghetto de la ville. La misère collait à sa peau. Elle fut adoptée par Ma Rainey qui vint en tournée dans la région avec les Rabbit Foot Minstrels. Bessie qui était déjà à douze ans une grande belle fille, assez forte et très foncée, fit partie de cette troupe. Ces baladins se produisaient dans les pires endroits des quartiers nègres des grandes villes comme Atlanta, Savannah, Birmingham et Memphis. On frémit en évoquant les sordides honky tonks, les gin mills abjects où se déroula l'adolescence de Bessie. Lorsque, aujourd'hui, de doctes musicologues, des discophiles bourgeois étudient avec tout le sérieux que peut comporter l'analyse d'un art véritable les chansons de Ma Rainey et de Bessie Smith, il est assez piquant de songer aux premiers amateurs de cette forme musicale : des putains, des clochards, des gangsters, des ivrognes et des marles. Néanmoins, Ma Rainey fut certainement un guide remarquable pour sa jeune protégée. Ma était la plus géniale des vocalistes de son temps. Elle chantait avec une grande austérité, sans nul mauvais goût, sans sentimentalité niaise. Cet art du blues vocal qui s'épanouissait sur un fumier social est d'une grande dignité. A ses débuts, le style de Bessie certainement ressemblait de très près à celui de Ma Rainey. Il suffit d'écouter ses premiers disques pour retrouver la même suite de phrases courtes, d'envolées toujours symétriques par rapport aux temps et le son de la voix, dur et sans afféterie.

    Bessie fut‑elle heureuse durant cette fraction de sa vie ? Il est difficile d'imaginer exactement ce qu'elle pouvait ressentir. Elle mesurait un mètre quatre-­vingts, affichait le poids de cent cinq kilos, buvait facilement son litre de gin par nuit et ingurgitait six repas par jour.

    C'est ici que se situe l'épisode qui fait ressembler quelquefois une vie d'artiste à un conte de fées. Il eut une importance extraordinaire pour toute la musique américaine et il est étonnant que les historiens soient si souvent passés à côté. Frank Walker, directeur artistique de la Columbia, un des rares hommes de cette corporation qui laisse le souvenir d'un être scrupuleusement honnête, entendit Bessie Smith dans un gin mill misérable de Selma dans l'Alabama. Pour cet esthète pourtant blasé et déjà à la recherche de nouveaux talents (les problèmes du premier âge du phonographe étaient déjà ceux qui tourmentent les promoteurs modernes), ce fut le grand choc : « C'était une gosse de 17 ou 18 ans, mais jamais je n'avais entendu quelqu'un mettre tant d'émotion et de tourments dans sa musique. » Plus tard, à New York, il dépêche le pianiste compositeur Clarence Williams à sa recherche. L'envoyé ramène la proie et il est nécessaire de l'établir pendant cinq mois à Harlem sans rien faire. Bessie était une fille du Sud, rustre et rude, un animal sauvage qui n'arrivait pas à s'acclimater. Le 16 février 1923, Bessie enregistre avec Clarence Williams Down Hearted Blues, le blues du désespoir. Il n'y avait pas cinquante personnes qui connaissaient son nom dans le nord de Etats‑Unis. Cette date doit être considérée comme l'une des plus importantes de toute l'histoire de l'art négro-américain. Le blues faisait une grande entrée dans le disque. Personne n'avait encore enregistré ce genre de morceaux à l'échelon du continent.

    Ma Rainey et d'autres pratiquaient sans doute déjà cette forme vocale, mais elles n'avaient pas eu l'honneur de la gravure, sauf pour des éditeurs locaux : les dates sont là pour prouver cet étonnant mariage du blues nègre et du phonographe. Le disque fut lancé sans publicité. Au début seuls les dépositaires du Sud en commandèrent quelques exemplaires. Et ce fut l'extraordinaire succès qui stupéfia tout le monde. Les Noirs, du Sud d'abord puis du Nord ensuite, transformèrent cette édition limitée en un best‑seller, au sens moderne du terme. Pendant de longs mois le titre fut en tête des listes de popularité. A la fin d'une année d'exploitation, deux millions d'exemplaires avaient été vendus. Bessie était célèbre. De toutes parts, les firmes de disques s'intéressent alors au blues authentique, et changent leurs fusil d'épaule, puisque la mode était jusque‑là aux mélodies sophistiquées dans le style de Sophie Tucker. Bessie Smith venait d'imposer définitivement le vrai blues. Une première tentative avait bien eu lieu en 1920 par Mamie Smith (sans parenté avec Bessie) pour Okeh, mais elle ne fut qu'un coup d'essai.

    Down Hearted Blues est une oeuvre de qualité. Tout l'art de Bessie est là, résumé en trois minutes. Elle eut évidemment l'occasion, par la suite, de développer ses conceptions et de varier ses interprétations. Néanmoins, il est possible de découvrir tous ses dons dans cet enregistrement : le sens d'une ligne mélodique simple, l'intensité du balancement, le traitement si particulier de la voix, les notes modulées avec une tragique émotion, les longues inflexions et le sens du dialogue avec l'accompagnateur qui prolonge, durant les silences de la vocaliste, sa pensée musicale.

    Il y a dans ce chant un dépouillement extrême, une densité qui vous emmène au cœur même de la musique. Les paroles racontent l'amour malheureux. Il est impossible d'imaginer exécution plus sobre, plus tragique dans sa concision. Par ailleurs, si l'on compare l'invention musicale de la chanteuse à celle des musiciens de son époque, il faut bien admettre qu'elle était peut‑être la plus magnifique des artistes de jazz, la plus évoluée, la plus audacieuse aussi. Le swing, cette qualité rythmique tellement impondérable quelle ne peut être reconnue que dans la confrontation de jugements subjectifs, peut lui être contesté, comme cela l'est également souvent pour les premières oeuvres de King Oliver. Accoutumées au jeu souple et brillant des sections rythmiques d'après 1936, sollicitées par le halètement et la furia des solistes qui se révélèrent après 1925, notamment à la suite de Louis Armstrong, bien des oreilles n'arrivent pas à découvrir la secrète pulsation du chant de Bessie, d'autant plus que l'accompagnement des pianistes du style Clarence Williams est d'une affligeante raideur. La mélodie de Bessie est balancée sur une période d'assez large amplitude. Si ce découpage sur les temps n'est pas générateur de swing, que l'on donne alors à cette vertu un autre qualificatif car on chercherait en vain l'équivalent ailleurs. Il suffit de comparer le travail de Bessie Smith avec celui des vocalistes de l'époque ‑ et même souvent d'aujourd'hui ‑ pour ressentir cet intense frémissement qui anime d'un bout à l'autre l'interprétation.

    Le succès de son premier disque ouvrit bien des portes à Bessie Smith. Elle constitua sa propre troupe et se produisit dans les grandes villes y compris New York. Son cachet, le plus élevé pour un artiste de couleur, était de 1 500 dollars par semaine. Elle restait évidemment avant tout une chanteuse à l'usage exclusif des communautés nègres. Ces populations aimaient le blues depuis longtemps, mais grâce à Bessie ils tenaient enfin une vedette à l'échelle nationale. Down Hearted Blues avait été écrit par Alberta Hunter quelques années avant que Bessie ne l'enregistre. Tout le monde connaissait l'air, mais la version de Bessie l'imposa définitivement. Ce qu'il y a d'admirable dans ces thèmes de blues, c'est que leurs paroles ne sont pas ridicules comme c'est le cas pour la plupart des succès populaires. Il s'en dégage à l'audition une philosophie curieuse, mélange de désespoir, de résignation, de fatalisme, mais aussi d'un certain bonheur, réservé aux seuls initiés, à ceux qui sont dans le coup, ceux qui ont délibérément choisi les valeurs que la société leur refuse et qui se moquent de tout. Ainsi Bessie envoûtait son public chaque soir avec une seule des phrases du Down Hearted Blues : « Je tiens le monde dans une bouteille et le bouchon dans ma main. »

    Le succès changea le comportement de Bessie Smith. La forte fille rieuse qui mourait de peur en voyant un micro se mit à mener la grande vie. Elle acheta un hôtel meublé à New York pour que tous ses amis puissent loger sous son toit. Son cœur était immense, elle distribuait son argent à ses amis, les invitait tous à de fantastiques réceptions où elle se montrait recouverte de diamants et annonçait à toute l'assemblée : « Lorsque je me retirerai du métier, en 1960, nous irons tous dans une grande ferme à la campagne... » Elle était d'une extraordinaire compassion, allant jusqu’à écourter sa tournée triomphale de 1926 pour aider son manager Frank Walker à soigner son jeune fils malade. Elle se transforma pendant deux semaines en bonne à tout faire, lavant, cuisinant et veillant, et ne reprit la route que lorsque l'enfant fut complètement guéri. Toute sa famille, ses trois sœurs ‑ Viola, Tinnie et Lulu ‑ et son frère Clarence vivaient avec elle. Un agent de police nommé Jack Gee était devenu son mari le 5 avril 1922 à Chicago. Cet homme fut également son impresario. Il semble que son influence ne fut pas très bonne pour la carrière de Bessie, encore que durant les premières années de leur union ils réalisèrent des gains fabuleux.

    Mais il n'y avait pas que de bons moments dans le comportement de la vedette. Grisée par son succès, buvant de plus en plus, elle avait de terribles sautes d'humeur. Ayant été longtemps une victime, elle voulut ensuite dominer les hommes et les situations. Combien de contrats furent déchirés par ses mains dans des mouvements de colère qu'elle regrettait ensuite. Grossière, arrogante, insultante, il lui arrivait même de se servir de ses poings pour remettre à leur place les gens du spectacle qui ne filaient pas doux devant ses prétentions. Tout cela n'avait aucune importance tant que la foule se pressait aux guichets des théâtres qui la programmaient. Plus tard, quand la roue de la fortune eut tourné, elle devait subir les tragiques conséquences de son attitude. À ce sujet il paraît qu'elle se fit mettre à la porte du studio de la compagnie Black Swan, quelques mois avant d'enregistrer pour Columbia, pour s'être arrêtée de chanter au milieu d'un morceau en criant : « Attendez un instant, laissez‑moi vous envoyer un crachat dans la figure. » Elle devait d'ailleurs ‑‑ avant son engagement par Frank Walker ‑ participer à une autre séance. Sidney Bechet relate en effet qu'en 1921 elle chanta en sa compagnie et celle de Bubber Miley et Clarence Williams pour Okeh. Mais le disque ne fut jamais publié, sa voix ayant été jugée trop rude. Elle prit heureusement une éclatante revanche deux années plus tard. Sa gloire ne devait, hélas, durer que sept années. En 1930, l'Impératrice du blues (ce titre fut inventé par les dirigeants de la Columbia) se retrouvait dans la misère. Deux phénomènes s'étaient conjugués dans le même sens pour précipiter sa chute : d'une part la crise économique qui avait considérablement réduit l'activité des maisons de disques ; d'autre part, la désaffection du public pour le blues. Un artiste populaire doit se renouveler. Nul ne peut prétendre, dans ce domaine, continuer à toujours chanter de la même manière. Bessie ne réussit pas à modifier son répertoire. Elle trouvait difficilement des thèmes nouveaux et lorsqu'elle voulait interpréter des chansons à la mode, tout ce qui sortait d'elle ressemblait encore à des blues. Mais entre temps, que de chefs-d'œuvre!

    Bessie Smith enregistra en dix ans 160 morceaux : 28 en 1923, 26 en 1924, 25 en 1925, 14 en 1926, 18 en 1927, 17 en 1928, 14 en 1929, 8 en 1930, 6 en 1931 et 4 en 1933. L'essentiel de sa carrière phonographique se déroula donc de 1923 à 1930, ce qui est un temps très court, si l'on songe aux grands du jazz qui ont, en général, connu des périodes d'activité souvent supérieures à vingt ans. Ceci est essentiellement dû au fait que Bessie, artiste populaire, n'eut pas l'avantage d'être appréciée par le publie des amateurs de jazz, public qui ne se constitua que vers 1935. Toutes ses séances de disques, sauf une, furent commandées en raison de son succès auprès de la foule noire. Ce n'est qu'en 1933, qu'un critique de jazz, John Hammond, l'invita dans un studio parce qu'il avait conscience de la grandeur de la chanteuse. Il était déjà trop tard : Bessie chantait magnifiquement, mais son corps et son âme, ruinés par sa vie et ses abus, n'étaient plus en mesure d'opérer un redressement salutaire. Si elle avait vécu dix années de plus, elle aurait certainement pu prolonger sa carrière jusqu'à nos jours, le blues et le style traditionnel ayant déterminé le « revival » de 1940. Mais Bessie était montée trop haut pour se contenter d'un demi‑succès. Épisode prestigieux d'une époque, il lui fut impossible de dominer la situation. Elle avait brûlé toutes ses cartouches durant la bataille des années 20.

    L'examen attentif d'une discographie de l'impératrice du blues prouve autre chose encore. Si Bessie Smith était un monstre de la chanson pour tous, si ses refrains apportaient une intense satisfaction au goût de l'homme de la rue, elle devait néanmoins se considérer comme la sœur des véritables musiciens de jazz puisqu'elle choisit toujours des accompagnateurs issus de ce milieu, et – le plus souvent – de très grands musiciens.

    N'insistons pas trop sur Clarence Williams. C'était un pianiste médiocre, au jeu raide et sans grandes envolées. Son importance réside dans sa situation. Compositeur d'airs fameux, éditeur de musique, homme d'affaire avisé, Clarence avait senti dès 1920 que l'art négro‑américain était en train de procurer an monde du disque et de la chanson une source intarissable de thèmes, de sons nouveaux et de succès. Il appartient à cette catégorie d'individus qui sentent, avec une prescience qui relève de la force des voyants, ce que le consommateur souhaite, ce qu'il désire et ce qui fera courir le peuple. À ce titre on lui doit beaucoup. Mais sur le plan des accompagnements, les disques où Clarence Williams collabore avec Bessie ne sont guère passionnants. La grande équipe qui entoura la chanteuse fut celle de Fletcher Henderson. Bessie adorait Fletcher. Elle ne supportait aucune contradiction dans sa façon de concevoir une interprétation. Fletcher, homme calme et pondéré, se résignait à tous ses caprices, créant ainsi un climat serein profitable à l'ambiance dans laquelle se déroulaient les séances. Deux des principaux solistes du grand orchestre Henderson participaient le plus souvent aux sessions : le trompette Joe Smith et le trombone Charlie Green. Avant d'aller plus loin dans l'étude des merveilleuses pièces gravées par ces deux instrumentistes et la chanteuse, arrêtons‑nous un instant à ce carrefour, l'un des plus tragiques de l'histoire négro‑américaine. La similitude de l'effroyable destin de ces trois artistes compose le blues le plus cafardeux qui ait jamais été chanté. Il est des rencontres qui ne sont pas le fruit d'une simple coïncidence. Ces créateurs capables d'inventer une musique aussi belle devaient assurément souffrir de leur condition. La vie de ce genre de musiciens, même lorsqu'ils ont du travail régulier, reste celle d'hommes en marge de la société. Quel critique, quel notable, quelle autorité a reconnu leur talent durant cet âge d'or ? Quelles pouvaient être leurs pensées lorsqu'ils constataient que seuls les ivrognes de cabaret, les gangsters de Chicago, les clochards de Harlem composaient leur auditoire ? La Légion d'honneur est accordée à ceux qui chantent à l'Opéra, les chefs d'Etat serrent affectueusement la main des divettes qui jouent Offenbach, les universités glorifient les quartettes qui illustrent la Barokmusik. Pour Bessie Smith, Joe Smith et Charlie Green, la route était véritablement longue et solitaire. Bessie mourut donc dans un accident de voiture. Le chirurgien qui tenta de la sauver, ce 26 septembre 1937, déclara « qu'avec l'alcool que son sang contenait, rien n'était possible». Joe Smith, tuberculeux, partit à l'hôpital en 1930. Il avait 26 ans. Il s'éteignit trente‑cinq jours après Bessie, le 2 décembre 1937. Quant à Charlie Green, on découvrit au petit jour son corps dans un tas de neige. Réfugié sous une porte cochère de Harlem, vagabond grelottant, dénué de tout argent, il avait été entièrement gelé pendant une nuit sibérienne. Cela se passait en 1936.

    Réellement, lorsque ces trois musiciens jouaient le blues, ils ne pleuraient pas pour la galerie. C'était bien leurs vies qu'ils racontaient et c'est pour cela qu'un frisson d'angoisse saisit l'auditeur qui entend leurs complaintes.

    «  Les gars, je connais quelqu'un dont le nom est la Lise du Cimetière – chantait Bessie dès 1923 – là‑bas dans le Tennessee. 

    Son vieux copain s'appelle Ise le Tombeau. Nuit et jour, vous pouvez l'entendre chanter le blues. 

    Moi aussi je vais y aller au cimetière, le monde est trop mauvais. 

    Là‑bas avec les fantômes, j'écouterai mon chant de misère. 

    Je dois rencontrer l'un de ces fantômes, il se prénomme Jones, 

    Je suis vraiment très heureuse d'écouter ses os s'entrechoquer. 

    C'est le seul homme que je suis sûre de toujours retrouver. 

    Si vous cherchez un amour fidèle, allez, allez, cherchez donc au cimetière. 

    Ce type n'est pas très bien habillé, il ne porte qu'une espèce de sac. 

    Mais chaque fois qu'il m'embrasse, c'est pour moi une sensation unique. » 

    Cette recherche de l'amour impossible est une des constantes des thèmes de Bessie. La vie est triste, les hommes infidèles, acceptons‑les comme ils sont, mais tout cela nous emmène vers la mort.

    Elle chantait pour son peuple, le consolait de toutes ses frustrations, lui apportait le réconfort de la drogue du blues. Aux phrases fortement timbrées de Bessie, Joe Smith ajoutait des contre‑chants délicats et qui sont de véritables réponses aux questions de la chanteuse. Lorsqu'elle pleurait, Joe gémissait dans sa trompette, tandis qu'au trombone Charlie Green complétait le tableau. Cet art du blues ne peut pas, ne doit pas être comparé aux variations instrumentales que le jazz a connu plus tard. Ceux qui sont tentés de le juger uniquemeut à l’aide de critères musicaux seront déçus. Il y a là beaucoup plus qu'une série de variations sur un thème. Il s'agit en fait de pièces tragiques qui apportaient aux auditeurs l'assurance qu'ils n'étaient pas ]es seuls à souffrir, que leurs malheurs n'étaient rien en comparaison de ceux qui existaient ailleurs, que sur cette terre rien n'était possible, rien n'était parfait, mais que tout pouvait néanmoins se résoudre avec un peu de swing et de musique. Les témoins des apparitions de Bessie sur scène sont formels : elle envoûtait l'auditoire comme une prêtresse, elle fascinait son public. Sa voix, d'une puissance inconnue depuis la vulgarisation du microphone, pénétrait au fond des bastringues, interrompait toutes les conversations, accrochait l'attention et jetait un charme dans toutes les âmes. Il était impossible d'échapper à son chant. Il fallait l'accepter, le subir et l'adorer.

    Danny Barker précise : « C'était une femme immense et elle savait chanter le blues. Elle y mettait je ne sais quoi de religieux. Elle dominait la scène. Elle était fascinante. On ne pouvait pas la quitter des yeux. Pas moyen de lire son journal, dans un cabaret, quand elle chantait. Elle vous bouleversait. Comme Billy Graham elle était capable d'hypnotiser les foules. Quand elle était sur la scène, on aurait entendu voler une mouche.»

    Ce n'était pas une femme facile à manier. Le 24 janvier 1925, Fletcher Henderson qui supervisait les séances d'enregistrement et qui choisissait les thèmes, lui présenta une recrue de Chicago pour remplacer Joe Smith, malade. La colère de Bessie fut terrible. Elle prit le nouveau par les épaules et voulut le faire sortir du studio. Pourtant, ce jeune cornettiste n'était autre que Louis Armstrong.

    Bessie enregistra, en 1925, neuf morceaux avec Satchmo. Il n'est pas exagéré de prétendre que ces oeuvres sont peut‑être les plus beaux blues qui furent jamais conservés dans la cire. Ils sont tous merveilleux, mais on a l'habitude de désigner parmi eux Saint Louis blues comme le plus bel exemple. Après un accord d'orgue de Fred Longshaw, Bessie chante les premiers mots du thème I Hate to See, et c'est Louis qui viendra entre chaque demi‑vers poursuivre la pensée de la chanteuse. Il le fait avec une prodigieuse intelligence. Il ne répète pas les idées de Bessie, il les prolonge avec tellement de compréhension, que la voix reprend ensuite sans qu'il n'y ait jamais nulle discontinuité : l'interprétation se dé rouie d'un bout à l'autre dans un même mouvement. Ce Saint Louis blues, joué en un lent tempo majestueux, nous permet de mieux comprendre ce que pouvait être autrefois le blues, le véritable blues. I ain't Gonna Play no Second Fiddle est une pièce plus abrupte avec d'émouvants suspenses. Ici la voix de Bessie est rude, un peu éraillée et les interventions de Louis passent légèrement au second plan. Dans You've Been a Good Old Wagon, la chanteuse est ironique, hautaine, tandis que la trompette avec sourdine est narquoise, goguenarde. Il faut louer l'extraordinaire discrétion avec laquelle Armstrong souligne les effets de Bessie. Jamais il ne charge, jamais il ne gêne. Ce morceau est un bel exemple de l'aspect satirique, vaudevillesque, dune partie du répertoire de la grande chanteuse (les paroles sont d'elle) :

    Nous sommes en plein réalisme avec des sous‑entendus qui faisaient évidemment la joie du public. Ces chansons n'ont rien de commun avec les niaiseries fabriquées par les spécialistes de la rengaine fleur bleue. Le monde dans lequel évolue Bessie Smith ne peut être comparé ni à l'univers hollywoodien ni aux décors forgés par les paroliers d’opérettes.

    Il faut rapprocher un premier portrait que nous possédons de Bessie, alors ravissante fille aux traits fins, aux yeux languides et au sourire doucement malheureux, avec les photos des années 30 qui représentent une large commère, vulgaire, épaissie et au regard noyé, pour comprendre à quel point l'univers du spectacle, cette baraque du plaisir factice où les sourires cachent les poignards et où les poignées de main cherchent à vous précipiter dans les abîmes, peut transformer aussi vite et radicalement un être humain, corrompant les âmes comme les corps. Ceux que la vérité blesse vous diront qu'elle a gâché sa carrière en buvant trop de gin. Comment peuvent‑ils être sûrs que ce n'est pas parce qu'elle se rendait compte que son succès était compromis qu'elle a justement dépassé la mesure en matière de boisson ? Où se trouve la cause, où est l'effet ? Ainsi de tout temps des moralistes exigent‑ils d'un artiste qu'il ait en même temps du génie, de l'humour, de la force de caractère, de l'intelligence, de la ruse, de l'honnêteté et de la résistance physique. Ces pourvoyeurs de malheur qui tendent les pintes d'alcool en exploitant le portefeuille de leurs faux amis traitent d'ivrognes ceux qui acceptent et refusent toute sensibilité à ceux qui passent la tête liante. Bessie était une enfant lorsqu'elle tomba dans ce monde de la chanson, du théâtre et du disque. Une règle d'or domine ce bouillon de culture corrosif des cœurs comme l'esprit de sel l'est pour le métal : le bonheur des uns n'est total que lorsqu'il se nourrit du malheur des autres. Il n'est de plus grand réconfort dans la plate médiocrité, que d'assister au déclin des étoiles. Cela justifiera tous les crimes.

    Le jeune Satchmo qui jouait dans ces disques avec Bessie fut heureusement de ceux qui eurent la force de résister. Dans Sobbin' Hearted Blues, il est particulièrement en valeur à côté de Bessie. Sa chaude sonorité est un régal pour l'oreille et la chanteuse semble prendre appui sur chacune de ses phrases pour improviser. Reckless blues est poignant. Bessie pleure véritablement, sa voix se casse sur certaines notes, elle fait un usage dramatique des inflexions, semble implorer toute la pitié du monde. Louis se met au diapason et c’est avec une sonorité plaintive qu'il répond aux gémissements de la vocaliste. J.C. Holmes Blues est tout aussi tragique, mais Bessie le chante avec une force terrible. Elle tire ses notes du fond de la gorge, s'accroche avec brutalité à la mélodie, domine ses accompagnateurs. Careless Love, le blues de l'amour sans amour, est aussi une pièce dramatique. Il faut entendre Bessie clamer :

    «  Amour, amour sans amour, tu as brisé le cour de bien des filles, mais tu ne briseras pas le mien... Tu m'as fait pleurer, tu m'as fait gémir... A cause de toi j’ai quitté ma famille. 

    Tu n'es qu'un voleur, un triste voleur de la nuit. » 

    Nous retrouvons Armstrong avec la sourdine oua‑oua dans Cold in Hand Blues. La dernière note que Bessie exprime dans Nashville Woman's Blues pourrait suffire à définir l'ensemble de son art : souligner le texte par des effets vocaux d'une émotion unique.

    Chanteuse réaliste, Bessie Smith tirait les larmes de ses auditeurs en contant les malheurs de la vie. Elle connaissait trop bien les difficultés de l'existence, les ennuis matériels et les peines morales pour ne pas avoir à jouer : elle était sincère. Elle ne fut pas seulement une grande musicienne de jazz, mais la plus grande chanteuse réaliste de tous les temps. Il ne lui était pas nécessaire d'évoquer le petit bosco de Berthe Sylva ou l'homme à la moto d'Edith Piaf pour aller droit au cœur de son auditoire. La fin d'un amour, les défaites de l'âme, les sordides histoires d'argent, de cocuage et d'abandon sont, dans sa bouche, le récit de la vie de tous les jours. Cette étonnante bonne femme modifia son répertoire à mesure qu'elle vieillissait et que son étoile pâlissait. Si l'on rencontre à ses débuts les thèmes de la colère douloureuse, ceux de la femme bafouée mais encore vigoureuse, bientôt elle gémira sur sa propre déchéance.

    En 1926, The Gin HouseBlues. En 1928, le problème est encore plus dramatique et elle livre à ses admirateurs le détail de sa néfaste passion : Me and My Gin. Elle est splendidement accompagnée dans ce morceau par Buster Bailey à la clarinette, également très en valeur dans Jazzbo Brown from Memphis Town, tenant le rôle du légendaire personnage. Cette interprétation est un autre exemple de l'appartenance de Bessie au monde du vrai jazz, tant il est vrai que le jazz et l'histoire nègre confondent leur destin, surtout en ces temps anciens.

    La meilleure façon d'approcher l’œuvre enregistrée de l'impératrice du blues réside dans l'audition des quatre disques microsillons 30-cm qui furent édités par Philips en Europe.

    Cette anthologie réalisée aux Etats-Unis par George Avakian pour Columbia n'a pas seulement le mérite de sélectionner les meilleures faces de sa carrière, mais elle présente ces pièces rangées selon un ordre intelligent et attractif. Le volume 1 rassemble les neuf morceaux avec Louis Armstrong, que nous avons analysés plus haut, et trois pièces des débuts dont le fameux Down Hearted Blues; le volume 2, intitulé Blues to Barrelhouse, groupe des pièces gravées entre 1924 et 1933, de styles assez différents et qui prouvent que le véritable esprit du blues n'abandonnait jamais Bessie même lorsqu'elle empruntait des thèmes d'un répertoire plus large. Ce fut d'ailleurs le grand drame des dernières années de sa vie. Le public noir se désintéressait du blues. Bessie, pour rester à la page, adoptait des airs en vogue, comme Alexander’s Ragtime band ou After you've gone : mais en fait ce qu'elle produisait ressemblait plus à un blues qu'à autre chose et elle ne comprenait pas pourquoi elle paraissait affreusement démodée.

    Le troisième volume de la sélection d'Avakian est consacré à la période allant de 1925 à 1927, époque où Bessie était accompagnée par les hommes de Fletcher Henderson. Ces oeuvres sont peut‑être les plus homogènes de toute l’œuvre enregistrée de la chanteuse. Evidemment, il n'y a pas de soliste aussi génial que Louis Armstrong, mais Joe Smith était un musicien presque aussi doué et entre Bessie, Joe Smith, Charlie Green, Fletcher et les autres, il règne une entente parfaite, un climat de franchise dans la création qui donnent à ces exécutions une unité fantastique. Aussi Bessie prend‑elle dc grandes libertés dans l'interprétation. Il lui arrive de modifier les paroles, de rajouter un mot, de répéter une syllabe, et toujours, l'étude de ces adjonctions prouve qu'elle le faisait pour swinguer plus, pour donner une plus grande intensité dramatique à l’œuvre.

    Ce sont aussi les débuts de l'enregistrement électrique (avant le 5 mai 1925, les studios pratiquaient la méthode acoustique). Cela contribue à mieux rendre les détails des exécutions, à donner plus de chaleur aux sonorités. La première séance, d'ailleurs, se termina dans une atmosphère qui aurait donne aux Marx Brothers la matière d'une séance du plus haut burlesque. L'un des ingénieurs professait une théorie selon laquelle un microphone à charbon nécessitait des espaces sonores aussi réduits que possible. Il avait donc tendu dans la pièce des tentures multiples, faisait jouer chaque musicien sous une étoffe qui l'enfermait face au micro. Il y avait donc là les sept solistes de Fletcher, le superviseur, les techniciens, la chanteuse et tous les appareils lorsque, au milieu d'une prise, Bessie, soudainement saisie de claustrophobie aiguë, voulut se débarrasser d'un drap qui l'étouffait. Tout le dispositif s'écroula à la suite de la rupture d'un câble qui maintenait les étoffes en place et c'est une troupe de fantômes gesticulant, criant et jouant encore qui se débattit dans la pièce pendant quelque temps, d'autant plus affolés qu'une série de courts‑circuits faisaient craindre l'incendie. La théorie de l'ingénieur disparut dans la mascarade.

    Cake Walking Babies, gravé ce jour‑là, nous prouve que Bessie Smith, contrairement à certaines assertions, swinguait comme n'importe quel grand du jazz de l'époque. Admirablement soutenue par les improvisations collectives de ses partenaires (Joe Smith et Charlie Green s'en donnent à cœur joie), elle ajoute à ses notes un frémissement intérieur fantastique, se balançant avec joie et aisance, pliant la mélodie au gré de son imagination. C'est ici que son art préfigure celui des vocalistes qui s'imposèrent par la suite. Comment ne pas évoquer Mahalia Jackson qui professe pour son aînée l'admiration la plus totale, Ray Charles, Billie Holiday, Lavern Baker et même Ella Fitzgerald.

    Le même jour fut mis en boîte Yellow Dog Blues, blues très populaire en 1925, écrit dans l'intraduisible slang des Noirs. Un autre chef‑d'oeuvre est Baby Doll dans quoi Bessie gémit :

    On pourrait étudier chaque séance de Bessie et y découvrir des caractères différents. Elle était parfois enjouée et brutale, parfois d'une immense tristesse, résignée, parfois nonchalante et comme en dehors des contingences humaines. Ceux qui affirment que tout ce qu'elle a fait se ressemble n'ont sans doute jamais pris la peine d'écouter avec attention ses productions.

    Le volume 4 est consacré à des morceaux datant de 1927 à 1931. Dans certains, Bessie chante avec le trombone Charlie Green, qui est merveilleux dans Trombone Cholly, duo d'une truculence inouïe. Send Me to the Electric Chair fut réalisé six mois avant la mort misérable de Charlie Green. Empty Bed Blues fut un succès même auprès du public blanc, certainement pas en raison de sa beauté mélodique, mais à cause de l'interprétation équivoque donnée aux paroles, dont le double sens est d'une grivoiserie peu commune. Le disque fut interdit à Boston, mais on suppose que le censeur n'avait rien compris au texte. La présence du mot " lit " dans le titre avait suffi à inquiéter le puritain. Avec Long Old Road nous retrouvons un sujet qui est directement tiré de la vie de Bessie : cette longue route solitaire qu'il est si difficile de suivre, mais que l'on ne peut jamais quitter.

    Les autres sélections du volume 4 nous font apprécier Bessie Smith accompagnée par le pianiste James J. Johnson. Bessie est égale à elle‑même, mais le jeu de son partenaire est bien supérieur à celui que prodiguaient Clarence Williams ou Fletcher Henderson. James P. Johnson pratique un style plus évolué, ce même style que Fats Waller porta à sa perfection, riche en basses sonnantes, percutant dans l'attaque, souple et fortement cambré sur le rythme. Les vocaux de Bessie bénéficient de cet accompagnement léger et vibrant, elle swingue avec plus d'aisance, se hasarde à des trouvailles plus audacieuses que lorsqu'elle était entourée par l'équipe de Fletcher. Le répertoire des morceaux enregistrés avec James P. Johnson est plus varié aussi. James P. avait l'habitude de fréquenter les théâtres de Broadway. C'est sous sa direction que fut réalisé un étonnant court métrage intitulé Saint Louis Blues, bande qui malheureusement fut retirée des circuits commerciaux en raison de son puissant réalisme. W‑C. Handy avait écrit le scénario en collaboration avec Kenneth Adams. Bessie y joue le rôle de la femme amoureuse maltraitée, volée et trahie. Elle s'y révèle comme une étonnante comédienne dans le rôle de sa vie. La musique, réalisée avec l'adjonction d'un chœur de vingt‑deux personnes, de J.P. Johnson, Kaiser Marshall et Happy Cauldwell, mériterait une réédition, car, par sa longue durée, elle donne l'occasion à Bessie d'envoûter encore mieux son auditoire. Le son, hélas, est détestable. C'est aussi sous la direction de James P. que Bessie enregistra en 1930, en compagnie du quartette vocal des Bessemers singers, deux morceaux qui se distinguent nettement de sa production habituelle : On Revival Day et Moan Mourners. Il s'agit de pièces se rapprochant des negro‑spirituals. La voix de Bessie est magnifiquement enregistrée, le détail de ses inflexions passe magnifiquement le micro.

    Un autre exemple de l'actualité des chansons de l'impératrice du blues nous est fourni par son fameux Back Water Blues, le blues des inondations du Mississippi gravé eu 1927. En effet, si mélodiquement et harmoniquement les oeuvres de Bessie se ressemblent beaucoup, elle appliquait avec beaucoup de discernement cette formule musicale à des motifs émotionnels divers. Blue Spirit Blue est le récit d'un voyage dans l'au‑delà. Nobody Knows You When You're Down and Out (1929) est la vision du monde qui reflète le plus tragiquement sa situation puisque ce fut son lot à partir de cette date :

    Et la grande Bessie de conclure en une envolée qui est peut‑être l'instant le plus émouvant de son oeuvre, entrecoupant ses lamentations de gémissements qui vous frappent au creux de l'estomac :

    Quand vous êtes en bas de l'échelle... 

    Plus un sou... Plus d'amis... 

    Je descends de plus en plus... 

    Plus de portes qui s'ouvrent pour moi... 

    Il n'y a pas de doute... 

    Aucun homme ne vous connaît 

    Quand vous êtes véritablement en bas de l'échelle 

    Lorsque Bessie Smith fut invitée par John Hammond en 1933 à réaliser sa dernière séance d'enregistrement, qui fut aussi la première session réalisée uniquement à la demande d'un critique de jazz, elle chanta Gimme a Pigfoot, autre pièce qui est dramatiquement auto‑biographique. Bessie avait connu la gloire dans les meilleurs théâtres et music‑halls des Etats-Unis. Elle passait en vedette en 1925, quelquefois au cours du même programme qu'Ethel Waters, interdisait aux autres artistes de chanter des blues, s'habillait en blanc ou en satin rose avec des fanfreluches multicolores. Elle se promenait lentement sur la scèe, soutenue par une discrète partie de batterie et les contre‑chants des cuivres bouchés. L'auditoire l'encourageait par des " amen " qui venaient ponctuer la fin de ses phrases. Elle connut ainsi des triomphes au Grand Théâtre de Chicago, à Broadway, au théâtre lyrique de la Nouvelle‑Orléans. Mais ceci ne dura guère. L'Europe n'est pas aussi cruelle avec ses amuseurs que l'est l'Amérique, où les valeurs du marché du spectacle y sont jaugées comme du vulgaire papier de Bourse. Brutalement, vers 1930, la cote de Bessie dans les bureaux des impresarios et des directeurs de salle s'alourdit. Un mot dont la concision et la sonorité évoquent tout le drame des mauvaises recettes, des coups de sifflets et des huées ingrates lui fut associé : le « flop ». Au Belmont Théâtre de New York, elle ne tint l'affiche que deux soirées. Au Kit Kat Club de Manhattan, les clients suppliaient le patron de chasser cette vieillerie qui s'obstinait à clamer ses malheurs à une époque où New York exigeait du neuf en tout. Bessie partit donc à nouveau sur les routes, mais les campagnes non plus ne voulaient plus d'elle. Elle fut engagée à flouveau par la T.O.B.A. Ces initiales résument l'activité d'une industrie florissante : Theatre Owners Booking Association. Les Noirs traduisent : Tough on Black Artists, c'està‑dire « Féroce avec les vedettes de couleur ». Bessie joua alors les « mammy routines », c'est‑à‑dire le rôle d'une commère égrillarde qui cherche à faire rire à ses dépens. Rien n'y fit. Il vint un temps où Bessie – comme dans sa chanson – chanta pour un pied de porc et une bouteille de bière. La légende raconte qu'elle vendit des cacahuètes. La vérité est pire. Elle en mendiait.

     

    Lorsque John Hammond organisa cette dernière séance de 1933, il paya Bessie Smith cinquante dollars par morceau de trois minutes. Cinq années plus tôt, elle recevait pour le même travail mille dollars d'avance pour un seul thème. Toute sa dégringolade s'inscrit ici – pour situer les valeurs à l'américaine – en deux chiffres. Hammond, d'ailleurs, avait cherché à mettre tous les atouts de son côté : pour composer l'orchestre, il convoqua Frank Newton (tp), Jack Teagarden (tb), Chu Berry (ts), Benny Goodman (cl). Aujourd'hui, les amateurs écoutent avec délices ces quatre faces réalisées sous sa supervision. En fait, pour obtenir l'argent nécessaire à la session, John Hammond dut, à l'époque, obtenir une garantie d'une compagnie britannique qui s'engagea à publier les disques en Grande-Bretagne. Le contrat de Bessie avec Columbia ayant pris fin en 1931, les disques furent édités aux U.S.A. sous l'étiquette de United hot Club of America. De 1933 à 1937, date de sa mort, Bessie ne fit plus aucun disque. Son chant dans les oeuvres de 1933 ne reflète nullement un quelconque déclin de son talent. Au contraire elle fait preuve ici d'une grande aisance et de beaucoup d'imagination.

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  • Ida Red - Bob Wills & The Texas Playboys , c'est cette chansn qui donne les idees à CHUCK BERRY et donnera naissance à MAYBELLENE ...

     

     

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